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Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

Just for fun

Trois études sur papier, format 21 x 29,7

Vagabondages (3)

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C’est le nombre de caractères, espaces non comprises, que contient l’histoire que je viens d’achever, après une dernière ligne droit intensive. Elle a eu une genèse un peu chaotique. Commencée il y a environ un an, elle avait déjà en germe tous les personnages, mais après plusieurs essais, je l’avais laissée tomber car je n’arrivais à rien. Dans ces cas-là, l’écriture se tarit d’elle-même, à force d’être laborieuse.

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La lecture d’un roman a produit un déclic en moi. En avril, j’ai découvert la plume de Frédérique Martin à travers « Sauf quand on les aime« , un roman que j’ai vraiment apprécié. Est-ce parce que l’auteur anime des stages d’écriture et que son bel esprit a infusé en moi à travers cette lecture? Je ne sais pas, mais soudain, comme avec des formes semblables on produit un autre arrangement, j’ai vu mon histoire dans une autre perspective. A travers le prisme de la filiation, tout ce qui était encore en friche prenait sens. En l’espace d’un week-end, j’ai reconstruit l’ensemble. Un personnage qui était mort dans la première version a ressuscité. Une petite fille à l’état de fantôme est devenue bien réelle. Et l’histoire s’est ensuite déroulée par salves, selon le temps que je pouvais lui accorder. Lire la suite « Vagabondages (3) »

Vagabondages (2)

Atelier

Ces temps-ci, j’ai moins de temps pour peindre et dessiner car je suis en train de changer d’atelier. Je vais passer d’une chambre depuis laquelle je vois la mer, mais qui est trop petite pour contenir ma tendance à l’expansion, à un ancien grenier, qui par la magie d’une verrière, devrait bientôt recevoir beaucoup plus de lumière.

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Mon futur lieu de création

Avant d’arriver à cette pièce presque vide, il a fallu passer deux jours à transporter meubles et caisses, à emmener à la déchetterie tout ce qui n’avait pas servi depuis des années, à faire le ménage après neuf ans d’accumulation. Lire la suite « Vagabondages (2) »

Vagabondages (1)

Parce qu’il y a une vie hors de l’atelier, parce que cette vie nourrit le travail qui se fait dans le calme de cette pièce qui recueille et tamise toutes les idées, je commence cette rubrique hebdomadaire pour évoquer ce qui m’a charmée, émue, captivée, troublée, aimantée…

Un livre

9782709648523-001-x_0Dans ce roman « D’après une histoire vraie« , Delphine de Vigan jongle habilement avec ce qui se situe entre la « pure fiction » et l’autobiographie. En racontant comme L. (elle?) est entrée dans sa vie, comment cette entrée est devenue peu à peu une invasion, l’auteure brouille les frontières entre vécu et imagination. J’ai d’abord été emportée par l’histoire, puis quelques détails m’ont fait tiquer et le plaisir de la « bonne histoire » a peu à peu laissé place au doute et à la réflexion sur le travail de l’écrivain. Entre effets de réel et fausses confidences, Delphine de Vigan s’amuse, jubile, et nous mène par le bout du nez (enfin presque…). Lire la suite « Vagabondages (1) »

Exubérance

J’ai commencé cette série de trois petits dessins sans savoir du tout vers quoi j’allais. Quelques marques au crayon, puis du bleu et du gris. Et après? Après, le jaune et le vert se sont imposés. Eau bouillonnante ou ciel nuageux? Toute une végétation surgit, vue du dessous ou du dessus, on ne sait pas très bien. Feuilles, fleurs, liquide, nuées tout se mélange en mouvements synchronisés ou contradictoires.

 

Acrylique, pastels à l’huile et feutres posca sur papier format A4

 

Acrylique et graphite sur papier format A4

Dans cette deuxième série, le mouvement initial est aussi donné par des traces faites au crayon graphite, de manière spontanée. Ensuite, j’ai posé quelques couleurs plutôt sourdes: beige, gris, bleuté, verdâtre et puis d’autres plus fortes. Je suis davantage dans la recherche d’une vibration que dans l’idée d’un aboutissement. Ces deux derniers dessins sont encore très « bruts » mais j’ai éprouvé le besoin de m’arrêter là, sans vraiment savoir pourquoi.

Trois fois deux encore…

Je continue à travailler très librement par séries de deux dessins.

Acrylique sur papier

Format 42 x 29,7

Trois fois deux

Rassurez-vous, le titre de ce billet ne fait nulle référence à un film avant-gardiste qui explorerait, caméra au poing, une folle série de combinaisons amoureuses… Non, il s’agit juste de trois séries de deux dessins où j’ai essayé de laisser libre cours à … à quoi d’ailleurs? Un élan jailli de je ne sais quelle source? Une interprétation de souvenirs tamisés par le temps? Une simple envie de laisser exister traits et couleurs?

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J’ai commencé par tracer des lignes/formes au pastel gras, et ensuite, j’ai peint. Ne me demandez pas ce qui est en est sorti, je n’en sais rien. J’y vois peut-être une réminiscence des clichés de roches que j’ai pris il y a quelques temps, mais ça ne va pas plus loin.

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Ce qui m’intéressait, c’était de ne pas aller au bout de l’interprétation, de laisser une place à l’imagination du spectateur en évitant de délimiter ce que j’y voyais. Et de conserver à l’exercice une grande part de jeu. Et je dois dire que j’ai eu beaucoup de plaisir à exécuter cette série de trois fois deux…

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L’attraction du paysage

Alors que je veux libérer mon pinceau, aller vers une peinture plus spontanée, gestuelle, abstraite, mon esprit semble vouloir s’ancrer dans ce qui fait mon quotidien : le ciel, la terre et l’eau.

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30×50 cm

C’est une curieuse attraction qui s’exerce, une force qui m’entraîne vers le connu et le rassurant, plutôt que de me laisser aller explorer les confins de ce qui ne ressemble à rien. Qui sait ce que j’y trouverais? Lisant les travaux de Jung en parallèle de mes explorations artistiques, je ne peux m’empêcher de sourire en imaginant que se situe justement là la frontière entre conscient et inconscient, territoire hautement sensible sur lequel on ne s’aventure pas sans quelques précautions.

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50×30 cm

Pourtant, c’est exactement à cet endroit que je me trouve bien. Entre le connu et l’inconnu, là où le réel s’estompe pour laisser place aux rêves et à l’imagination. Là où ce que l’on croyait savoir se dissout et où ne restent plus que des sensations, des émotions qui nous promènent dans des territoires sans limites, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs.

Face à ce que je perçois comme une résistance intérieure, je me dis qu’il faut faire preuve de patience. Continuer à emprunter ces chemins de sable et d’eau, jusqu’à ce que ciel et terre se confondent, que l’apparence de la nature ne soit plus que l’image échevelée d’elle-même. Pas à pas, laisser derrière soi ce qui semble réel pour aller vers un ailleurs dont on ne sait rien. N’est-ce pas d’ailleurs ce que l’on est censé faire dans la vie?

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80×80 cm

Mais dans ce monde d’assureurs et de banquiers, le goût de l’aventure nous est peut-être passé. Pas un titre de journal, pas une publicité qui ne tire la corde fine de nos peurs. Les élans sont coupés, la spontanéité brimée. Pour avancer, il faut aller les chercher, ces mouvements intrépides et joyeux qui couvent au fond de nous. Se dégager de la gangue qui nous protège autant qu’elle nous enferme, et se lancer.

Ce que je partage ici de mon travail, mais aussi de mes doutes, de mes errements, de mes difficultés me permet d’aller vers davantage de sincérité et d’authenticité. La tentation est grande de ne donner à voir de soi et de ce que l’on produit qu’une image léchée, aboutie et parfaite. Mais c’est mentir, parce que rien ne se fait sans un lent et patient labeur, sans remise en cause et découragement, sans tous ces moments où notre humanité s’exprime dans toutes ses contradictions. Ainsi, cette dernière toile ci-dessus, je l’ai faite et refaite, elle est un empilement de ratages et de couches de gesso blanc. Et je n’en suis toujours pas contente. J’y ai passé des journées entières, et à la fin de ces heures de travail, ne me restait que l’amertume de n’avoir pas su aller là où je voulais.

Ainsi donc s’exerce l’attraction du paysage, dans ce moment où mon esprit est dans un trop-plein de questionnements, où mon corps attend un atelier plus grand pour pouvoir s’y lancer franchement. Je prends les chemins connus, en attendant d’avoir le courage de me perdre.

Hors de l’atelier

Consciemment ou non, je suis inspirée par la nature. Collines, chemins, rochers, profondeurs marines se retrouvent souvent sur mes toiles. Pour alimenter cette source d’inspiration, il m’est nécessaire de sortir de l’atelier pour m’immerger dans ce qui fait le paysage. C’est ainsi que lundi dernier, j’ai pris mon matériel de dessin, un pique-nique et mon chien, et je suis allée explorer la côte nord du cap Sizun.

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Là, j’ai crayonné, établi des palettes de couleurs et pris quelques notes sur le vif.

Avant-poste des rochers dans la mer, en sentinelles solides et pourtant friables. Alignement des cumulus, gris à la base, brûlants du soleil d’automne sur leurs contours. Mouvement lent des éoliennes. Herbes séchées par l’été, fleurs aux couleurs passées, quelques insectes font leurs derniers voyages. La mer bleue avec des reflets turquoise, ourlée de blanc, calme. Le soleil apparait, disparait au gré des nuages. Dès qu’il brille l’atmosphère se réchauffe. Dès qu’il est caché, je sens le vent d’ouest traverser sans pitié la laine de mon pull. Le chien s’est couché sur le chemin, la tête sur les pattes, dans le soleil et attend. Les goélands planent sans bruit. Je ne peux m’empêcher de penser qu’ils jouent dans les courants ascendants.

Plus tard, sur le papier, les souvenirs émergent. Il n’est pas question d’essayer de faire quelque chose, mais plutôt de laisser surgir, sans se soucier d’aboutir à un résultat. Retrouver certaines couleurs, l’impression de calme solidité des lieux, une ambiance de solitude apaisée.

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Ces étapes d’imprégnation, de maturation, d’essais parfois ratés sont absolument nécessaires pour que se dégage peu à peu du brouhaha sa propre « voix ». C’est un processus lent, exigeant, pour lequel aucun résultat n’est assuré. L’acte créatif est surprenant, drôle et totalement à contre-courant des diktats d’efficacité et de rentabilité de l’époque. C’est aussi pour cela que j’aime ce que je fais…

Edit de 13h30. Pour Anne, je rajoute une photo de la bête…

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