Deux jours. Deux jours passés à tenter les coups de pinceaux, les aplats à la spatule, à essayer de faire surgir quelque chose d’entre les couleurs. Deux jours à explorer, essayer, s’entêter. Et au final : rien. Ou plutôt si, un truc qui ne veut rien dire, d’où rien n’émerge. Une mare de boue bleuâtre d’où sort un golem difforme et condamné. Il faut se consoler en se disant qu’il y a des périodes comme ça, où toute création est impossible…

Ce n’est même pas une question de doute ou d’angoisse. Ce n’est pas le vertige du créateur qui contemple le puits de sa vanité. C’est le corps qui refuse, la tête qui se cabre. Et vice-versa. Peut-être parce que pour le moment, la coupe n’est pas encore pleine et qu’il n’y a rien à sortir. L’impression d’être comme un enfant qui apprend à marcher, et qui tombe. Et retombe. Et s’énerve un peu quand même, au bout d’un moment, de cette gravité qui l’empêche de décoller.

Je le sais : quand je suis dans cet état-là – colère et frustration mélangées en un cocktail hautement explosif! – mieux vaut que j’aille voir ailleurs si j’y suis. Alors je vais délaisser pour un jour, ou plusieurs, mon atelier et aller me rafraîchir les idées…

A bientôt…

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