Sans que je sache vraiment pourquoi, la vie du poète Saint-Pol Roux me touche. Le poète avait fait construire, sur la presque’île de Crozon un manoir à huit tourelles qu’il avait nommé Coecilian, du prénom de son fils, mort pendant la guerre de 14. En juin 1940, le manoir est investi par des soldats ivres qui tuent la servante de la maison, violentent Divine, la fille du poète, et molestent ce dernier. Il en mourra de tristesse quatre mois plus tard.

En 1944, les bombes alliée tombent sur le manoir et y déclenchent un terrible incendie… Il n’en reste plus que des ruines aujourd’hui.

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C’est à Coecilian que j’ai pensé quand j’ai terminé cette peinture. Une peinture un peu particulière puisque j’ai mélangé aux premières couches… des cendres. Une fois encore, je n’avais pas d’idée préconçue. Je suis partie avec mon couteau (à peindre, pas celui que j’ai entre les dents…) au hasard. Peu à peu, feu, terre, cendres et eau se sont mélangés. Il m’a semblé voir émerger des brumes liquides des murailles en flammes. Alors j’ai pensé au père mort de chagrin, au « poète assassiné », à qui Vercors avait dédié, en 1942, Le Silence de la Mer.

DSC03475Acrylique, cendres et crayons Gelato sur papier, format A4