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Chaque matin, éloigner les pensées, comme on chasse les mouches, et le frôlement funeste de leurs ailes noires. Le geste. Main inutile. Guerre lasse. Le bras retombe.

Chaque matin, ce sursaut de plus en plus infime. Volonté sapée, lacérée, par la misère des idées. Une nausée qui nait avec le jour gris. Au creux du ventre, bouillie de ce que l’on voudrait n’être pas. Pâte infâme qui coupe l’appétit. Pourtant, tous les jours, il faut. Se lever, se laver, déjeuner et puis partir dans le creux de la rue saturée de pluie. Il faut laisser le fil qui nous tient debout continuer la pantomime. Le geste. Main épuisée. Guerre froide. Le regard est un pinceau qui délite l’espace. Monde pulvérisé. D’un instant à l’autre, tout vacille et se noie dans le cerceau des larmes. Pourtant, le cœur n’arrête pas. Il bat. Rythme. Folle pulsation. Rythme. Tenir. Marcher, marcher, empiler jours, heures, contraintes, chiffres, conversations, objectifs. Sentir jusqu’au tréfonds la trépidation de la répétition. Double croche. Accélération. Uppercuté par le temps. Jusqu’à ne même plus savoir qui est ce condamné qui cherche dans le noir des morceaux de son ombre.

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