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Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

Mois

septembre 2015

Bleu confluence

Plage des Sables Blancs, Tréboul, 14 septembre 2015

Art par immersion

Aujourd’hui, je suis sortie avec mon appareil photo. Le soleil jouait à cache-cache derrière les alignements de cumulus. Le vent faisait mugir les haubans. La mer était tantôt turquoise, tantôt indigo. En cale sèche, les coques des bateaux dévoilaient quelques fascinants tableaux. C’est une forme d’art moderne qui me plait particulièrement…

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Quand l’usure sur la coque dessine une photo satellite…

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Coquelicots blancs des fonds marins

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La liaison ténue entre mer et terres enneigées vue d’en haut

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Champ de fleurs marines

La roche sous le gel

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Acrylique et graphite sur papier

C’est un travail sur papier sur lequel j’ai accumulé les couches, tant les résultats successifs ne me satisfaisaient pas. Et puis à force d’ajouter, de râcler, de laisser transparaître, peu à peu ont émergé du brouillard neigeux ces rochers, couverts de lichens et léchés par des langues d’eau gelée. Au ciel traîne encore le souvenir d’une aurore boréale. Le soleil paresseux n’ira pas plus haut, et bientôt la nuit fermera de nouveau son poing sur les pierres gelées. Mais il y a ce petit étang et ces couleurs dispersées qui n’ont pas encore capitulé devant le froid…

Clair de lune

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Acrylique sur bois, 50 x 50 cm

Ce panneau est un autre rescapé. J’y avais représenté un paysage, il y a presque deux ans maintenant. Avec le recul, il m’apparaissait plat et totalement inintéressant. Sans doute est-ce le signe que mon travail a évolué… J’ai donc repris ce format carré et lui ai appliqué un traitement de choc, à l’aide d’un peu de médium dilué avec de l’eau pour créer de légers effets de relief. Et puis, comme le dit Lee Kaloidis*, un peintre américain dont le travail m’intéresse, je me suis lancée comme si je me fichais totalement du résultat. Au final, un clair de lune un peu rugueux, avec un côté brut qui me plait bien. Et vous?

* »You have to paint like you don’t give a damn« 

Notes d’atelier 1

Peindre, c’est un peu être en état de recherche permanente pour trouver l’équilibre dans le mouvement, pour inventer de nouvelles manière de peindre, trouver des outils et des techniques qui permettent d’obtenir différents effets.

De la même manière que les personnages du roman en cours ne quittent jamais vraiment l’esprit de l’écrivain, les couleurs, les formes et l’idée du geste à accomplir ne laissent jamais vraiment l’esprit du peintre en repos. Il m’arrive de rêver de toiles que je ne peindrai jamais, de me réveiller au milieu de la nuit en me disant, tiens, je pourrais essayer de faire comme ça, avec du papier froissé, de la peinture, et puis, et puis…

Aussi, pour laisser affleurer de nouvelles idées, il est bon de se réserver des moments où l’on ne fait rien d’autre qu’essayer. Associer telle couleur avec telle autre, sur papier mouillé ou sec, et puis faire des marques avec les crayons, les feutres, la pipette d’encre… Devenir le temps de quelques heures savant fou, sans chercher à obtenir un quelconque résultat.

Au bout du compte, surgissent ce que j’appelle ces notes d’atelier, qui sont comme des sources dans lesquelles j’irai puiser telle idée, telle association de couleurs, ou bien ces marques qu’on ne distingue plus qu’à peine sous les couches de peinture accumulées…

Changer de perspectives

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J’ai utilisé, pour réaliser ce collage, des morceaux de photos illustrant l’achèvement de la construction du nouveau siège de la Banque Centrale Européenne (BCE) à Francfort. Un bâtiment qui a coûté la bagatelle de 1,2 milliards d’euros, et où l’équipement de chaque espace de travail est revenu à environ 600 000 euros. Des montants astronomiques, totalement indécents pour ce lieu symbole de l’asphyxie financière du plus grand nombre et de l’argent-tyran. Comme l’enfant qui joue à la balle, j’ai eu envie de casser cette symétrie mortifère, de briser le temple et le dogme qui s’y abrite. J’ai lancé la balle et changé les perspectives. Pour qu’on retrouve enfin l’air, la liberté, le souffle des grands espaces, comme ces chiens juste heureux de courir dans la neige, très loin de ce lieu où l’on euthanasie les rêves…

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