Peindre, c’est un peu être en état de recherche permanente pour trouver l’équilibre dans le mouvement, pour inventer de nouvelles manière de peindre, trouver des outils et des techniques qui permettent d’obtenir différents effets.

De la même manière que les personnages du roman en cours ne quittent jamais vraiment l’esprit de l’écrivain, les couleurs, les formes et l’idée du geste à accomplir ne laissent jamais vraiment l’esprit du peintre en repos. Il m’arrive de rêver de toiles que je ne peindrai jamais, de me réveiller au milieu de la nuit en me disant, tiens, je pourrais essayer de faire comme ça, avec du papier froissé, de la peinture, et puis, et puis…

Aussi, pour laisser affleurer de nouvelles idées, il est bon de se réserver des moments où l’on ne fait rien d’autre qu’essayer. Associer telle couleur avec telle autre, sur papier mouillé ou sec, et puis faire des marques avec les crayons, les feutres, la pipette d’encre… Devenir le temps de quelques heures savant fou, sans chercher à obtenir un quelconque résultat.

Au bout du compte, surgissent ce que j’appelle ces notes d’atelier, qui sont comme des sources dans lesquelles j’irai puiser telle idée, telle association de couleurs, ou bien ces marques qu’on ne distingue plus qu’à peine sous les couches de peinture accumulées…