Comme on peint sur le motif, j’ai envie parfois d’écrire sur le motif. Des bribes de ceci et de cela – sensations, émotions, instants vécus – qui s’expriment sous une forme un peu brute. C’est un choix que je fais pour garder un maximum de spontanéité. Et comme tout choix, cela peut se discuter. Je les partage sur ce blog, parce que j’ai trop d’écrits qui trainent au fond de mes tiroirs. Il est temps qu’ils prennent un peu l’air. 


Au couchant

dans le ciel humide

les étourneaux mobiles

comme les rêves que je n’ai pas osés

indécis et changeants

affolés aussi

par l’imminence de la nuit

et je cherche

l’abri

un lieu sûr

une rive où attendre

la zébrure

du premier jour

mais autour de moi

il n’y  a rien

et le ciel

est immense

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Il y a cet amas en moi

qui ne veut pas passer

qui retient comme un filet

les mots enrobés

les serments déglingués

toutes les promesses

faites         jamais tenues

qui retient comme un rocher

sur lequel la peau se blesse

ce que j’aurais dû lâcher

depuis trop longtemps

et ce dur en moi

au tranchant d’éperon

me blesse plus encore

que les paroles faillies

ceux qu’on croyait amis

et qu’on ne sait plus compter.