La création peut jaillir de n’importe où. D’un mot entendu, d’un poème lu, d’une lumière ou d’un regard. Elle nait aussi, je crois, de ces moments où l’on s’adonne à une pratique sans enjeu. Improvisation musicale ou picturale, littéraire, gestuelle. Ou tout ensemble… après tout, pourquoi pas?

Ce matin, je me suis livrée à cet exercice qui est une sorte d’échauffement pour l’esprit, la main, le regard. J’ai froissé un journal, étalé de la peinture bleu sombre et turquoise dessus et j’ai imprimé ce motif né du hasard sur des feuilles vierges. J’ai ensuite utilisé feutres, pastels, mine graphite et peinture pour créer autour de ces formes, un élan, un mouvement, une musique géométrique, pointilliste, ou estompée.

Il n’y a à y chercher ni réussite, ni beauté. Peut-être juste l’équilibre chancelant et naïf de ce qui se donne sans arrière-pensée.