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Délaisser pour un temps la mer et ses sortilèges voilés. Prendre la route qui s’enfonce à l’intérieur des terres. Ou plutôt LES routes, où l’on se perd, parsemées de villages où la vie s’est endormie, bordées de champs de blé et de vallons ombreux. Au détour des virages, la pierre surgit de terre, sous forme de chapelles oubliées, d’églises qui font le gros dos sous l’aplomb du soleil d’été, et de calvaires élancés vers un ciel déchiré de nuages.

Juste là, se découvre une fontaine dans un pré plein de vaches alanguies. Son granit frais abrite la statue décolorée d’une Vierge sans soif. Dentelle des toits et des clochers, tristesse des visages figés dans la pierre, à peine égayés par quelques fleurs sauvages qui ensorcèlent les talus. Une autre Bretagne, âpre, alourdie de sa terre, loin des plages qui mènent tout droit jusqu’à l’horizon. Ici, c’est une autre vie qui se dit, lente et réfléchie. Bruits anciens des sabots mêlés de l’homme et du cheval, des danses et des pardons. Les contrastes se renforcent. L’heure tourne. Le saint veille sur la place du village, comme aujourd’hui les caméras, qui parait-il nous protègent, sans qu’on sache vraiment de quoi.

Malgré le soleil, quelque chose ici reste sombre. Une désolation qui ne dit pas son nom. Les maisons s’abandonnent au long des rues vides. Les carreaux des fenêtres se ternissent de poussière et de toiles d’araignées. Les panneaux « à vendre » soulignent tout ce qui s’est arrêté. Vies figées dans le souvenir des pierres que plus aucune main ne vient déchiffrer. L’interrupteur est là, sur le mur rapiécé, mais personne n’allume plus la lumière.

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