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Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

Mois

août 2016

Rêveries aquatiques

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Un peu d’acrylique fluide, de l’eau, des pastels et des feutres. Se laisser aller à l’improvisation, au mouvement non prémédité. Se souvenir de tout ce qui ondule sous la mer, poissons, algues, courants, scintillements du soleil diffracté. Aller vers une sorte de minimalisme aquatique. Faire des longueurs sur le papier. Couler et puis remonter vers la surface. Laisser les bulles éclater. Retrouver les couleurs. Le hasard s’en mêle, s’obstine. Equilibre instable des formes surgies du néant blanc. Le jeu prend toute la place.

Revue de détails

 

Une chambre à soi

« Il est nécessaire d’avoir cinq cents livres de rente et une chambre dont la porte est pourvue d’une serrure, si l’on veut écrire une oeuvre de fiction ou une oeuvre poétique. »

Virginia Woolf, Une chambre à soi

A l’origine, il n’y a justement pas de chambre. Sur les plus anciennes photos – depuis perdues – je suis un bébé aux épais cheveux bruns dans un lit en rotin, placé dans un coin du séjour de la petite maison où vivent mes parents. J’ai une peluche de nature indéterminée – écureuil? ours? – rouge qu’on a appelé Roudoudou et que j’adore. Parait-il.  J’imagine que depuis ma position horizontale, je peux suivre dans les moindres détails les échanges de mes parents, que je les entends vaquer et que je respire la fumée de leurs cigarettes (eh oui, c’est les années 70, le tabac n’est pas tabou…)

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Cartes postales du monde sous-marin

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A force de fréquenter les poissons, je finis par avoir de drôles d’idées. Flux, bulles, nuées, écailles argentées, lents mouvements, plongeon dans le silence, rochers, tourbillons, fractales répétitions… Tout un univers se dévoile sous la mer teintée par le bleu du ciel. Plus tard, une fois revenue de la plage, je cherche à retrouver les sensations éprouvées sous l’eau. Une sorte d’euphorie sous-marine…

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C’est à la fois le désordre et la lumière, l’ordonnancement du hasard, la vie dans ce qu’elle a de plus énergique. Dehors, la mer n’est qu’un grand miroir qui porte des voiles blanches. Dedans, elle est ce bouillon pétri de courants d’où jaillit le mouvement vital premier.

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Ces cartes postales, réalisées sur du papier de petit format (15 x 21 cm), étaient pour moi l’occasion de travailler sur une surface réduite. Il faut alors apprendre à n’être pas trop « bavard », réduire le message à sa plus simple expression. J’ai joué avec l’acrylique, appliquée sur un papier préalablement couvert de traces de paraffine (les pigments n’adhèrent pas à ces endroits) ou humidifié avec un vaporisateur. La couleur se fait alors aquatique, transparente, mouvante, indécise. Elle coule et se mélange, générant des mouvements qu’il n’y a plus ensuite qu’à amplifier. Je n’ai pas vraiment réfléchi, ni cherché à « faire » quelque chose. Certaines cartes me plaisent, d’autres moins. C’est le jeu, et c’est nécessaire…

Ci-dessous, les fonds bleus de départ…

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Ces cartes postales sont destinées à être envoyées. Si vous souhaitez en recevoir une, vous pouvez me communiquer votre adresse postale par l’intermédiaire du mail suivant : glazmagazine(at)gmail.com

Ciel sans partage

Flèche des saules

sur le ciel sans partage

tu attends mais ne sais rien

de l’obscure poussière

qui te trouble

immobile ondée

de l’eau endormie

le destin est sorti

de son lit

 

l’espoir n’est plus de saison.

Texte et photo : Gwenaëlle Péron

La douceur est en fuite

La douceur est en fuite

sur le dos du matin

tu la regardes bondir

dans sa course de plumes

sur la route pavée d’eau bleue

ta main esquisse

ce geste qui retient

mais ton cœur sait déjà

tout le poids de l’absence.

Texte et photo : Gwenaëlle Péron

Les nuages n’ont pas de forme

Les nuages n’ont pas de forme

mais c’est égal

car derrière les dessins de la pluie

je devine

ce qui n’est pas dit

la silhouette mouvante d’un arbre

une lumière dans la nuit

le temps s’étale

sous mon corps étrave

je nage

dans des copeaux d’orage

mais déjà sur la vitre du ciel

le bleu de l’eau

tisse la trame

de ton regard attendri.

Texte et photo : Gwenaëlle Péron

Innocent guetteur

 

Comme l’oiseau

au faîte de la nuit

tu vigiles et patientes

innocent guetteur

des prairies lointaines

où serpentent

les captives nuées

et de ton chant délaçant

les sortilèges

qui attachaient mon cœur

au totem des forêts

tu poses sous mes ailes

le vent

d’une autre liberté.

 

Texte et photo : Gwenaëlle Péron

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