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Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

Mois

janvier 2017

Vagabondages 5

Un film

Aquarius est un film brésilien, de Kleber Mendonça Filho.

Clara, ancienne critique musicale à la retraite, vit dans un appartement, dans un immeuble dénommé Aquarius le long de l’avenue qui longe l’océan, à Recife. Elle est attachée à ce lieu pour des raisons sentimentales et parce qu’elle y a installé tout son univers. Or, une compagnie immobilière menée par un jeune loup aux dents longues a racheté tout l’immeuble  et presse Clara de vendre à son tour. Elle refuse, et entre alors malgré elle dans une guerre froide avec les promoteurs.

Aquarius est un film particulier, qui prend son temps à une époque où tout va trop vite. C’est aussi un film qui fait la part belle à la musique. Pour moi, c’est surtout le magnifique portrait d’une femme qui se tient debout et dit « non ». Une femme courageuse mais non dénuée d’ambiguité (notamment dans la relation avec ses enfants). Au-delà du portrait subtil de cette héroïne des temps modernes, le film souligne aussi à quel point la société brésilienne (et plus largement occidentale) est le terrain d’affrontement de deux visions du monde : l’une qui fait la part belle à l’humain et à ses richesses (culture, partage, etc…) et l’autre focalisée sur la perspective du profit. Lire la suite

Recyclage et gribouillages

Quelques papiers découpés où figuraient des paragraphes du billet précédent. Des mots entourés presque au hasard. S’amuser à les agencer pour en faire des poèmes. Et compléter le tout par quelques gribouillages en guise d’illustration. 

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Il est encore nuit

pourtant tu pleures Arlequin

tes yeux bleus sont noyés

autant d’alcool que de chagrin

les filles ne sont pas modèles

derrière leur trébuchante chorégraphie

il n’y a que les escaliers grimpés

la faïence sale du bidet

les ressorts qui grincent mauvais

la main impatiente

qui déplie les billets.

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Saint-Nazaire en hiver

Poursuivant mon exploration sur le thème d’Une chambre à soi, je suis partie pour quelques jours m’égarer dans les rues de Saint-Nazaire, sous le ciel d’hiver et sa grise mélancolie. 

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L’hôtel fait face à la gare. Depuis la fenêtre de ma chambre, je peux voir l’afflux constant de voitures et la chorégraphie des bus qui viennent prendre et décharger leur lot de passagers. Des vitres isolent du bruit, mais je les entrouvre pour écouter. Que serait une ville sans son bruit? Je suis au deuxième étage et ai une vue plongeante sur le carrefour qui marque l’entrée dans le centre. Le matin, alors qu’il fait encore nuit, c’est un long ruban de phares qui glisse et pénètre les avenues perpendiculaires. Saint-Nazaire, presque entièrement détruite après la guerre, a été rebâtie sur le modèle de la garnison romaine : un quadrillage fait d’avenues parallèles coupées à angle droit par des rues. Seules quelques maisons anciennes ont résisté aux bombes et elles se parent aujourd’hui de couleurs pimpantes, coquettes trop conscientes de faire partie des happy few. Lire la suite

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