Quelques papiers découpés où figuraient des paragraphes du billet précédent. Des mots entourés presque au hasard. S’amuser à les agencer pour en faire des poèmes. Et compléter le tout par quelques gribouillages en guise d’illustration. 

illustration_sans_titre-1

Il est encore nuit

pourtant tu pleures Arlequin

tes yeux bleus sont noyés

autant d’alcool que de chagrin

les filles ne sont pas modèles

derrière leur trébuchante chorégraphie

il n’y a que les escaliers grimpés

la faïence sale du bidet

les ressorts qui grincent mauvais

la main impatiente

qui déplie les billets.

illustration_sans_titre-2

Je voudrais ne pas

pourtant je me souviens

malgré les entrelacs végétaux

de ma mémoire

dont les ombres courent

sur les murs comme un salpêtre

inévitable

je me souviens

de ce jour chauffé à blanc

où les rues confondues

faisaient magma

quand au détour

ton regard amorça

l’onde froide

d’une explosion sous-marine

illustration_sans_titre-3

Si déjà la maison n’est plus

sur le fauteuil au vide suspendu

reste celui qui

ausculte la ville et son pouls clignotant

souvenirs en afflux

dans les trouées de lumière sombre

les bombes à l’horizon

se déversent en longs rubans.

illustration_sans_titre

Donne-moi juste ton nom

jeune fille

tes pas sur la promenade

relient l’ombre des palmiers

je sais qu’à ta bouche encore

demeure le goût melon

de la glace épaisse

que ta langue rose a léchée

allez donne-moi ton nom

je ne suis pas si vilain

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Ta bombe sur le mur

griffe la surface bétonnée

des immeubles décomposés

la calligraphie de tes désordres

ne parle pas chinois

ta vie ingrate hurle

en couleurs éclatantes

tu t’en fous

de toute façon

les autres passent pressés

ne veulent pas comprendre.


J’ai réalisé ces illustrations digitales avec l’application Procreate pour iPad, que je trouve vraiment facile d’utilisation et ludique. Un bon moyen de tester des superpositions, des couleurs, etc…