Un film

Aquarius est un film brésilien, de Kleber Mendonça Filho.

Clara, ancienne critique musicale à la retraite, vit dans un appartement, dans un immeuble dénommé Aquarius le long de l’avenue qui longe l’océan, à Recife. Elle est attachée à ce lieu pour des raisons sentimentales et parce qu’elle y a installé tout son univers. Or, une compagnie immobilière menée par un jeune loup aux dents longues a racheté tout l’immeuble  et presse Clara de vendre à son tour. Elle refuse, et entre alors malgré elle dans une guerre froide avec les promoteurs.

Aquarius est un film particulier, qui prend son temps à une époque où tout va trop vite. C’est aussi un film qui fait la part belle à la musique. Pour moi, c’est surtout le magnifique portrait d’une femme qui se tient debout et dit « non ». Une femme courageuse mais non dénuée d’ambiguité (notamment dans la relation avec ses enfants). Au-delà du portrait subtil de cette héroïne des temps modernes, le film souligne aussi à quel point la société brésilienne (et plus largement occidentale) est le terrain d’affrontement de deux visions du monde : l’une qui fait la part belle à l’humain et à ses richesses (culture, partage, etc…) et l’autre focalisée sur la perspective du profit.

Un livre

p1060523Dans Une chambre à écrire, trois écrivaines – Michel Lesbre, Juliette Mézenc et Dominique Sigaud – se prêtent à une expérience : bénéficier d’une résidence d’une semaine dans la ville de Bordeaux, d’une chambre pour écrire et suivre le dispositif imaginé par Sophie Poirier. Inspirée par la célèbre phrase de Virginia Woolf qui disait qu’une femme doit avoir « cinq cents livres de rentes » et une chambre à elle si elle veut écrire de la fiction, cette aventure ne pouvait que me faire dresser l’oreille puisque j’ai entrepris un projet similaire, dans des conditions différentes et sur une plus grande échelle de temps. J’ai lu avec intérêt les trois compte-rendus d’expérience, avec une préférence pour celui de Dominique Sigaud qui remet un peu en cause les contraintes imposées aux auteures. Comme elle, j’ai trouvé que l’exigence en la matière était trop forte. Il me semble que le lieu et la chambre formaient des dénominateurs communs suffisants aux trois participantes. Mais ces rencontres entre trois plumes et une ville sont intéressantes, se lisent agréablement et donnent envie de partir explorer… A lire, le billet de Sabine qui m’a mis la puce à l’oreille.

Une chanson

Et pour terminer, un extrait de l’album Carolina de Carol Saboya, une très jolie voix brésilienne…