Il devient parfois urgent, après avoir passé quelques heures, quelques jours, à travailler sur plusieurs toiles de sortir prendre l’air. Après la concentration de la création, la tête a besoin de s’aérer, de voir du mouvement, des couleurs. Mais l’esprit des artistes, c’est un peu comme les chiens : jamais complètement au repos. Marcher dans la rue, c’est aussitôt l’occasion de remarquer ici et là ces détails, ces « trucs » auxquels personne ne fait attention. Une gouttière usée, un anneau pour amarrer les bateaux, un morceau de bois. Couleurs, formes, textures : tout est là, à portée de regard.

Petite récolte d’hier, prise le temps d’une descente jusqu’au port. 

Parfois, ces clichés servent directement d’inspiration, par leur composition ou par l’association de couleurs qu’ils présentent. Mais la plupart du temps, leur effet se produit davantage par capillarité. L’image reste en mémoire, et diffuse son charme particulier. Ce n’est que bien plus tard qu’on discernera le souvenir d’une photo prise un jour, presque au hasard, et dont la forme ou l’esprit se révèlera tout entier dans telle ou telle composition.

Ce qui attire invariablement mon œil aussi, ce sont les lignes et les contrastes de couleurs. Et ici, en Bretagne, on est servi! La lumière changeante, l’environnement industriel des ports, les jeux du ciel sur l’eau : tout nourrit l’inspiration.

Lignes, couleurs, formes. 

Quand on regarde l’ensemble de ma production, on voit à quel point l’atmosphère dans laquelle je baigne à longueur d’année se traduit, la plupart du temps inconsciemment, sur mes toiles. Rouge éclatant, tous les dégradés du bleu au vert, gris, jaune, orange industriel : les couleurs qui sortent de mes tubes sont d’abord là, autour de moi. La preuve est faite : je suis une artiste poreuse!

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La relève au pied du phare (vendu)