C’est un rituel que nous suivons depuis quelques années déjà, Sylvie, Françoise et moi : nous rendre l’été à l’Ecole des Filles, à Huelgoat, lieu de débats et d’art contemporain créé par Françoise Livinec. Parmi les artistes exposés, Loïc Le Groumellec figure en bonne place. Fasciné par les mégalithes, il a tendance à en parsemer ses toiles.

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Quand l’idée de mettre une croix sur cette colline verte a surgi, j’ai pensé à ce peintre. Mais je sais qu’à cette influence, s’est ajoutée le souvenir de mes fréquentes balades du côté d’Esquibien, où demeurent au bord de la mer de vieux fours à goémon et des palans pour tirer les ballots d’algues jusqu’à la terre ferme. Ces palans, quand le temps est au brouillard, pourraient passer pour des calvaires. Et puis il y a cette croix presque cachée par les herbes folles, au bord d’un champ, du côté de Telgruc. Des vaches blanches paissent juste à côté, à quelques pas de la forêt de pins.

Et tant d’autres croix, menhirs, mégalithes, qui parsèment les carrefours et des chemins presque oubliés.

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Elle est là, la porosité dont je parlais dans mon article précédent. Cette sédimentation d’éléments en couches fines, dont on ne peut démêler la plupart du temps la multiplicité des origines.