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J’y suis allée sans rien attendre, sinon quelques jours de solitude et des occasions de dépaysement. La maison était tout au bout de la route, une route qui se transforme en chemin et aboutit à cette roche romaine qui a donné son nom au lieu-dit.

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Là, sous le soleil prodigue d’octobre, j’ai passé une semaine qui restera dans mon esprit comme une parenthèse enchantée. Je ne me rappelais pas que la région était si belle. Jusque là où portait mon regard, je voyais partout la rondeur des montagnes façonnées par le temps, l’érosion et la main de l’humain. Des vaches brunes et paisibles y faisaient tintinnabuler leurs cloches jusque tard dans la nuit. Non, je ne me souvenais pas que le vert pouvait prendre autant de nuances et le ciel contenir toutes ces étoiles facétieuses qui se détachaient parfois devant mes yeux juste pour que je puisse faire un vœu.

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L’été indien était là, dans ce boudoir de verdure, entre bois et prairies. Seule ou presque dans cette végétation triomphante, je marchais. Je marchais tous les jours, une bonne dizaine de kilomètres. Je me gorgeais de céladon et d’émeraude, et du turquoise des lacs. En esprit, un pinceau traçait déjà la silhouette de moutonnements imaginaires. Le rouge des baies se superposait à l’or des feuilles. Mes balades étaient un cheminement sur une immense palette de couleurs.

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Mais tout cela n’était pas encore assez. J’étais ravie, mais pas émerveillée. Il était dit que ce voyage ne ressemblerait à aucun autre. Les surprises s’amoncelaient sans que je le sache, prêtes à me cueillir quand je m’y attendrais le moins. Elles ont été pour la plupart orchestrées par un guide improvisé qui m’a fait découvrir ces lieux qui ne figurent pas dans les livres de voyage. Au pied d’une cascade, derrière un rideau végétal, j’ai ainsi découvert un très ancien moulin qui n’avait plus que le temps à moudre. Plus tard, mes pas ont résonné dans un grand hôtel abandonné où seuls circulaient encore les courants d’air et le souvenir des rires enfuis. La salle de bal était vide, mais avec un peu d’imagination, on pouvait percevoir quelques notes de musique et le frou-frou de longues robes. Là, dans le miroir empoussiéré, des silhouettes confuses trinquaient joyeusement à la fête.

Je ne peux pas tout raconter car il est des secrets qu’il faut préserver. Certains lieux doivent rester dans le silence de leur isolement, où seuls les oiseaux, les bêtes sauvages et quelques privilégiés peuvent pénétrer.

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Il y a des moments rares dans la vie où l’on sent qu’autour de soi l’univers conspire à rehausser les couleurs du réel d’un peu de poudre de bonheur. Soudain, tout est là : l’étonnement enfantin, la beauté simple de la nature, la joie pure de l’instant saisi à pleines mains. Cette impression enivrante d’être au bon endroit, au bon moment…

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Oui, il y avait de la magie à l’œuvre durant ce séjour. C’est le cœur plein de gratitude que j’ai refermé la parenthèse, parce que je sais qu’entre ce vieux massif et moi, l’histoire n’est pas finie.

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I’ll be back!