Elle entre dans la galerie précédée des deux cannes qui l’aident à maintenir son équilibre. Elle est petite et enrobée d’un manteau de laine aux couleurs nuancées. Elle me dit qu’elle a vu l’article dans le journal qui mentionne mon exposition. Ce qu’on apercevait sur la photo lui a donné envie de venir. Elle ne sort plus beaucoup. Un ami l’accompagne, grand et mutique. Elle me dit qu’elle ne voit pas bien car ses yeux sont malades. Elle s’approche des tableaux. Lève le nez. Me parle des couleurs, de ma palette. De temps en temps, elle laisse échapper un petit rire cristallin qui lui donne un air de jeune fille facétieuse. Elle regarde mieux. Se laisse envahir par un rouge particulièrement sonore. Commente mon travail. Parfois, elle se tourne vers son accompagnateur et demande : Hein André? André est gentil et il acquiesce. Je ne sais pas vraiment ce qu’il pense de tout ça. Lire la suite