Je n’ai pas été très bavarde, ces dernières semaines. C’est parce que ça cogitait là-dedans. A la recherche d’idées pour écrire différemment, pour peindre autre chose. Il faut du temps pour que les idées mûrissent. Enfin, bref, ce midi, attablée dans un café bigouden, entre la séance d’accrochage pour la mini-expo de la Galerie Rouge (dont je vous parlerai bientôt) et un rendez-vous « beauté », je me suis nourrie de mauvais pain et d’indigestes actualités. L’idée était dans l’air depuis un moment. Il ne restait plus qu’à la concrétiser.

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Prendre un journal. Prélever quelques mots, voire des phrases, pour transformer le tristement banal, le platement divers, l’insipide actualité en petites éclosions poétiques spontanées. L’exercice est amusant. Le sandwich dans une main, le crayon dans l’autre, j’ai entouré ici et là, entre les cours de la criée et l’annonce d’une liquidation totale. Voilà ce qui est d’abord apparu :

Dans un petit chemin
au fond des bois
une messe
attisée par des vents
vous avez déjà vu
une idée
placée en confinement?

Amusant non? Mais je pense qu’on peut faire mieux…

Il n’y aura pas
de triomphe rock’n roll
a déclaré Dieu
ce dispositif vieillissant
dont un enfant a limité
une multitude d’ouvrages.

Et puis ceci :

Une méditation
poursuit son envolée
les professionnels
en orbite autour de Mars
souhaitent
des candidates dévoilées
elle pacifient
l’ambiance des flottilles.

J’aime aussi celui-là :

Vent debout
les palmipèdes
en avarie de propulsion
annoncent
un accident mortel de la circulation
en partenariat
avec les colporteurs d’embruns
il s’agirait d’un acte désespéré.

Celui-ci est vraiment ésotérique :

L’imprévisibilité
existe
mais la personnalité
agit sans mesurer
les conséquences
sa position s’explique
par son alignement
infiniment moins sérieux
que du velours.

Et pour finir en musique  :

Un accordéon chromatique
s’étire
au milieu du swing
la contrebasse
a inhalé des fumées
sur un joli parquet ciré
adhésion à prix fixe
le bureau n’est pas modifié.

Ainsi s’achève le premier épisode de mon actualité buissonnière… Si l’envie vous prend de faire pareil, n’hésitez pas à partager!

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Une du Télégramme, vendredi 8 décembre 2017


10 commentaires

aifelle · 9 décembre 2017 à 7 07 17 121712

C’est amusant et bluffant ! J’adore le résultat.

    Gwenaëlle · 9 décembre 2017 à 11 11 13 121312

    Oui, je le referai! J’aime beaucoup « Dieu, ce dispositif vieillissant…. » 😉

Marilyne · 9 décembre 2017 à 11 11 56 125612

J’adore le second ! ( et ton expression  » actualité buissonnière :))

    Gwenaëlle · 9 décembre 2017 à 16 04 12 121212

    Merci! Je compte buissonner encore souvent… C’est aussi une manière d’enrichir son propre vocabulaire poétique.

claudialucia Ma librairie · 9 décembre 2017 à 16 04 50 125012

Les cadavres exquis renouvelés et toujours des trouvailles réussies ! Au moins cela détourne de l’odieux Trump !

    Gwenaëlle · 9 décembre 2017 à 20 08 47 124712

    Oui, il y a toujours trop d’odieux en première page des journaux…

sylire · 10 décembre 2017 à 14 02 03 120312

C’est chouette !

dantennesensatellites · 12 décembre 2017 à 17 05 37 123712

Moi aussi, je les trouve très exquis, ces cadavres… Quoi que je n’éprouve pas les mêmes sentiments, du tout, devant les journaux !

    Gwenaëlle · 12 décembre 2017 à 17 05 48 124812

    Merci! Concernant les journaux, j’ai grossi le trait. Il y avait d’ailleurs ce jour là en dernière page du Télégramme une très belle histoire de vieille dame solitaire découverte par une journaliste photographe au beau milieu des Monts d’Arrée.

      dantennesensatellites · 19 décembre 2017 à 17 05 49 124912

      Ce qui me plaît, dans la presse, c’est l’entremêlement des voix et des regards… Et, par hasard, une littérature s’y tresse parfois… Toutes sortes d’auteur s’y découvrent, je pense à Camus, mais aussi à Judith Perrignon ou Annick Cojean… Et à tous les écrivains d’un jour, dont les noms ne restent pas accrochés à nos oreilles, mais qu’importe ! Au sein de ce bruit, des messages passent, des esprits se forment et se transforment.

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