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Peu à peu, de série en série, je prends conscience de ce qui m’attire : un espace lié à la nature, où la dureté du minéral s’oppose à l’assaut des éléments – mer, pluie, vent. Ce lieu de rencontre entre le dur et le souple, le solide et le liquide, le permanent et le mouvant.

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On me demande si je n’ai pas envie de dessiner des corps, des visages, ou des paysages davantage figuratifs. La réponse est courte et claire : non. J’aime regarder, admirer le travail d’autres artistes dans ces domaines, mais je ne me sens pas du tout attirée par cette façon de coller au plus près du réel.

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Ce qui m’intéresse, c’est ce qui surgit quand on ne s’y attend pas. Ce qui apparait sans qu’on sache exactement ce que c’est. Voilà le sens dans lequel me poussent mes vents. Une inclination contre laquelle il ne sert à rien de lutter puisque d’une manière ou d’une autre, c’est toujours sur ce terrain-là que mes explorations me ramènent.

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Ma feuille blanche, c’est une fenêtre ouverte sur la mer quand rugit la tempête. Un déchaînement d’éléments terrestres ou sous-marins. Un mouvement permanent. Une vie qui éclate sans qu’aucune force puisse l’arrêter. Moi qui me vois comme une personne calme, je me demande d’où vient ce bouillonnement intérieur qui jaillit dans les interstices et s’étale sur les pages. Est-ce la marque d’une force? D’une colère? D’une source? Peut-être le signe de quelque chose qui a longtemps été contenu et qui ne peut plus s’exprimer que dans le désordre et l’éruption?

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La réponse – s’il en existe une – importe peu. La seule chose qui compte pour moi, c’est ce vent, ce mouvement qui me pousse et me donne envie de peindre sur la page les turbulences de mon océan intérieur.