Pendant longtemps, j’ai cru que si je n’arrivais pas trouver ce tableau, c’est parce qu’il était mal rangé. Mais après avoir remis de l’ordre dans mon atelier à la faveur de la fin d’année, je dois me rendre à l’évidence : il n’est pas chez moi. Et comme il n’a pas été acheté, j’en déduis qu’il a été volé. Je l’avais laissé, lors de ma dernière exposition, en réserve avec d’autres, plus grands, au cas où l’une de mes créations étant achetée, il aurait fallu aussitôt la remplacer pour ne pas laisser le mur vide. Quand je suis allée récupérer mes toiles, le personnel  a mis du temps pour trouver ceux que j’avais laissé en réserve, et je n’ai pas fait attention à ce qui m’était rendu. Disons que je n’ai pas pointé les toiles avec la liste que j’avais fournie. J’ai fait confiance.

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Ce petit tableau de 40×40 cm intitulé « Ys » a donc disparu de mon inventaire. Il doit maintenant être accroché quelque part, je ne sais où. Ce n’est jamais très agréable de constater que l’on nous a volé quelque chose. Bien sûr, je pourrais être en colère, tempêter contre les indélicats qui ne respectent pas le travail d’autrui. Mais ce serait dépenser mon énergie en pure perte, parce que le mal est fait. Tant pis pour moi.

Je prends cela avec humour. Eh bien, ma chère, on vole tes toiles désormais! Quel honneur! Encore quelques efforts et tu concurrenceras Leonardo… Et avec un peu d’imagination aussi. Pourquoi un individu peut-il bien voler une toile? Parce qu’elle lui plait? Parce qu’il a un cadeau à faire? A sa chérie qu’il aime? Alors je prends cela comme un compliment. A cette vieille femme acariâtre qui lui sert de mère? Là, je vais me vexer, on dirait que ma toile était un cadeau empoisonné… Et s’il déprimait, mon voleur? Il voulait juste mettre un peu de couleurs dans sa vie terne et triste, sans les effets secondaires des molécules chimiques. Ou bien cacher de manière originale un horrible trou dans le mur de sa chambre. Je ne saurai jamais. Je préfère croire que c’est l’effet d’un coup de foudre. Il l’a vue, cette toile. Elle lui a plu. Il n’a pas pu s’en empêcher. L’a emportée. Ça marche aussi avec « elle » évidemment. Elle l’a aperçu. Il lui a plu, ce tableau. Elle l’a glissé sous son manteau, et s’est faufilée sous la pluie, dans la nuit. On en fait des choses folles, par amour… 

L’histoire, pour finir, est assez drôle et j’avais envie de la partager avec vous. Qui sait, il y a aura peut-être des développements inattendus : qu’on fixe une toile (ou son absence) sur le mur, cela déclenche forcément quelques pensées. Or, on ne sait jamais où les pensées peuvent nous mener…

 


14 commentaires

lewerentz · 29 janvier 2019 à 8 08 01 01011

Incroyable, il faut quand même être gonflé pour voler un tableau ! 😯 …et un certain cran, il faut bien l’avouer. Peut-être qu’il réapparaîtra un jour ? Qui sait, si ça se trouve, il n’est qu’à quelques pas de chez toi.

keisha41 · 29 janvier 2019 à 9 09 20 01201

Hein? J’ai pensé comme toi aussi ‘le début de la gloire’, il faut croire que ce tableau a trop trop plu? Mais quand même, c’est malhonnête. Réapparaîtra-t-il en douce lors d’une expo?

    Gwenaëlle · 29 janvier 2019 à 10 10 08 01081

    Je ne sais pas, en tout cas ça fait cogiter… 😉

Paul Philbée · 29 janvier 2019 à 10 10 45 01451

Quand elle m’aura complétement soigné, peut-être vous la rendrais-je 😉
bel article !

    Gwenaëlle · 29 janvier 2019 à 12 12 34 01341

    Merci Paul! Non, non, gardez-le si cela vous fait du bien! 😉

Aldor · 29 janvier 2019 à 11 11 43 01431

Ça a du moins été pour nous l’occasion de le voir : à quelque chose malheur est bon.

    Gwenaëlle · 29 janvier 2019 à 12 12 35 01351

    Exactement! Mieux vaut s’efforcer de voir le vide à moitié plein! 🙂

Aldor · 29 janvier 2019 à 13 01 07 01071

Voir le vide à moitié plein, c’est joli.

    Gwenaëlle · 29 janvier 2019 à 13 01 41 01411

    Trop vite, pas assez dormi… 😉

Miriam Panigel · 30 janvier 2019 à 10 10 48 01481

Il m’est arrivé pire: une valise d’aquarelles entière volée! Mais cela n’a rien à voir avec la gloire. j’étais étudiante dans une « chambre de bonne » au 6ème étage et j’avais squatté le couloir où personne d’autre ne passait pour entreposer la valise. J’ai regretté les aquarelles toutefois, le voleur ne s’est préoccupé que de la valise et ne devait pas en connaître le contenu.

    Gwenaëlle · 30 janvier 2019 à 11 11 34 01341

    J’imagine ton dépit… quel dommage!

sylire · 3 février 2019 à 16 04 05 02052

Ben ça alors ! Voler une toile, oui il faut le faire.

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