Les mots de Jacques Gamblin et de Thomas Coville ont sans doute infusé en moi, hier, alors que je réalisais une série de quatre peintures sur papier. Je l’ai commencé avec le jour. Ensuite, la pensée de ce livre m’a tenue en haleine jusqu’à midi, quand j’ai enfin pu terminer ma lecture.

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Tout va vite et tous mes sens sont en éveil. Je commence à être dans l’état où je ressens plus que je ne comprends, ça veut dire que je suis parti, que je fais corps avec mon bateau et je m’en sers comme d’un gigantesque capteur multifonctions pour me connecter avec l’environnement qui ne cesse de changer. Le vent, l’état de la mer, la température, l’humidité, les sons sourds ou parasites décident de tout et je palpe les moindres variations. J’associe tout à tout et alors je laisse entrer mes souvenirs, certaines personnes, des réflexions, des idées, des sentiments, des musiques, des couleurs, des images, des formes dans cet univers entre l’ultra présent et le presque conscient.

Lettre de Coville à Gamblin, le 9 août 2015

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Il est question de mer, bien sûr dans ce livre, mais surtout d’amitié. Une amitié virile, de celles qui d’habitude se passent de mots, et plus encore de manifestations physiques. Les deux hommes, congédiant la pudeur, exposent leur cœur et leurs tripes entre ces lignes qui tiennent en haleine de bout en bout. Un livre qui parle d’amour et de solitude, de cette vie si petite face aux éléments, et pourtant si désirable et précieuse.

Je crois que c’est ce qui ressort de ces peintures. Quelque chose de brut, de brutal même qui étrille et décoiffe, qui mouille et ploie. Comme si enfin j’arrivais dans cette zone de lâcher-prise qui permet l’émergence d’un « quelque chose » qu’on ne peut pas nommer, mais qui est là.

C’est la force du mental qui est en jeu maintenant. Pense-toi exceptionnel car tu l’es. Tente des séries d’inspires et d’expires lentes et profondes. Pense à nos rires qui repoussent la bêtise derrière les garde-fous. Je te crie ma force. Et t’enlève la peur, cette balle brûlante qui parfois pénètre ton ventre. Ça y est, elle est partie. Souris mon ami! Elle est partie.

Gamblin à Coville, le 22 novembre 2016

Je remercie celle qui m’a offert ce « Je parle à un homme qui ne tient pas en place« , elle se reconnaitra forcément!

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4 commentaires

sylire · 26 février 2019 à 21 09 12 02122

Quelle créativité ! Je suis admirative…

    Gwenaëlle · 26 février 2019 à 22 10 48 02482

    Je suis certaine que tu es toi aussi très créative dans ton travail! 🙂

aifelle · 27 février 2019 à 11 11 44 02442

Formidable de plonger dans un texte de cette qualité et de partir dans l’inspiration du moment .. Je note la lecture, je te laisse la création 😉

    Gwenaëlle · 27 février 2019 à 21 09 40 02402

    D’accord, on fait comme ça! 😉

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