En ce moment, je pense aux vacances. Les miennes ne seront pas programmées avant un certain temps, mais je tourne autour du thème pour un projet que j’ai en tête. Me reviennent des sensations, des parfums, des couleurs. Je ressens souvent quelque chose de joyeux à l’idée de partir, de découvrir des lieux étrangers, qui me sortent de ma routine.

Pourtant – je ne sais pas si vous faites cela vous aussi – quand je découvre un nouveau paysage, aussitôt mon esprit cherche des points communs avec ce que j’ai déjà vu, avec ce que je connais. Telle ligne de crête me rappelle des chemins longuement arpentés, et la forme de cette baie est presque le décalque d’une autre dans laquelle je me suis baignée.

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Ce qui fut fenêtre, acrylique sur toile, 40 x 40 cm

Ce tableau me rappelle cette impression fugace des choses déjà entraperçues, des lignes de niveau qu’on superpose à des paysages imprimés dans notre mémoire. C’est à la fois neuf et familier. On arrive dans une nouvelle maison, qu’on a louée pour une semaine ou deux. On prend possession du territoire. On ouvre une fenêtre et là, c’est comme si tout se décalait très légèrement. Le vent agite les voilages, mais ce n’est pas cela, la raison de notre vacillement. Les champs, les collines et l’horizon se superposent à d’autres champs, collines, lignes et d’un coup, la vue nous donne le vertige, comme lorsqu’on imagine vivre une deuxième fois des secondes dont il nous semble déjà connaître l’essence.

Au loin, la ligne blanche est ce fil sur lequel notre mémoire avance en équilibre, entre hier et demain.

Catégories : AcryliqueToile

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