Que s’est-il passé sur l’île dont la silhouette se découpe au loin? Nous n’en saurons rien. Pas plus que les témoins de son retour silencieux. Elle a accosté sur le ponton, s’est tournée une dernière fois vers l’horizon. Elle sait qu’elle ne reviendra plus ici, sur ce quai, dans ce port. Elle ne reverra plus la forme de l’île qui interrompt le fil du lointain les jours de beau temps, et disparait au regard sous la céruse du brouillard.

Peut-être parce qu’elle aimerait être consolée, qu’une main amicale sur son épaule lui dise qu’elle finira par oublier, elle ne peut pas s’empêcher d’accentuer le trait. Tout le monde devrait savoir comment elle a été traitée, ce qui s’est vraiment passé. Elle voudrait dire, tout balancer. Mais à qui? Elle ne connait personne. Alors c’est son corps qui traduit l’accablement et le chagrin, mais aussi la détermination de clore définitivement cette parenthèse.

Un dernier regard.

Et puis son pas, ferme à l’opposé de l’horizon. En ligne droite vers l’oubli.

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Mise en scène de l’oubli, acrylique sur toile, 40 x 40 cm


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