Semaines #12 et #13

Ce jour-là, il y a urgence à profiter du soleil qui brille comme une médaille dans le ciel sans nuage. Sortir de l’hiver à toutes jambes, et foncer sur la plage, appareil en main pour prendre des photos des roches-rochers qui suintent l’eau de la dernière marée. Apocalypse des lignes qui se brisent, accumulation des strates, peintures rupestres façonnées par les courants creusant des cavités dont émerge un sexe de femme, reflets liquides sur les lichens léchés par la mer. L’œil s’émerveille de tant de couleurs et de diversité. Engrange pour plus tard, quand il faudra faire jaillir d’autres formes sur le papier.

Trois petits paysages abstraits émergent de la solidité compacte dans laquelle ils étaient englués. Soulagement de pouvoir enfin passer à autre chose.

Les essais-explorations se poursuivent. Je ne vais pas vraiment dans la direction que je m’étais fixée. Loin du neutre, les couleurs reviennent à la charge, porteuses d’une gaieté qui désire répondre à la clarté du ciel, aux lumières matinales qui nettoient le port de toute son obscurité. Entre les lignes, des rondeurs apparaissent.

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Il faut changer d’heure. Tout s’en trouve perturbé. La nuit revient, le froid aussi. Pendant le week-end, je visite la biennale du design, à Saint-Etienne. Je ne suis pas convaincue. Je cherche en vain un sens à ce que je vois. Je n’en trouve pas. Alors je vais aux abords pêcher quelques photos. La récolte est maigre, mais amusante.

Pendant ce temps-là, les rochers continuent  à me travailler. J’y pense. Je fais quelques croquis. Je ne sais pas pourquoi il me tient tellement à cœur de fixer sur le papier la rencontre entre le minéral et le liquide, les affronts du temps qui révèlent des stries de bronze et des gemmes que nul collectionneur ne viendra déloger de la gangue de matière dans laquelle elles sont serties. Je reviens régulièrement sur ce territoire-là sans avoir trouvé encore ma manière de l’exprimer.

Je me lance. Quatre petits formats. J’y vois des choses intéressantes, mais le résultat ne me convainc pas totalement. Je reste trop proche de ce que j’ai déjà fait. Je sais qu’il faut du temps pour que l’idée trace son chemin, aille vers son essence. Allez, il faut chercher encore. Ne jamais s’arrêter de chercher.

En parallèle, j’organise des réunions stratégiques avec moi-même. Comment améliorer ma communication? Que puis-je faire autrement, ou mieux? Comment m’organiser pour aller vers les buts que je me suis fixés? J’ai l’impression d’avoir le cortex en ébullition, tandis que mon cerveau reptilien aspire au farniente habituel. Je coupe la poire en deux en allant marcher. En une heure, les quatre saisons défilent… Une fois de plus, j’en prends plein les yeux.

Et puis, comme un grain qui s’éloigne, sans prévenir, la semaine se termine. Je me dis qu’il est bon de noter ici les petites bribes du quotidien, les minuscules avancées, les infimes victoires car le temps file, vertigineux et insaisissable….

 

10 commentaires sur “Semaines #12 et #13

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