Ce qu’on croyait perdu…

Commencer par les peintures qu’on croyait perdues. Et qui, par un retournement de situation se sont révélées bien plus intéressantes que je ne le croyais. Ce phénomène se produit parfois. J’entame une série, j’avance, mais sans avoir aucune idée de la direction. Ça se disperse, ça s’éparpille, ça coagule et c’est moche. Je suis alors au bord de tout froisser et jeter dans la poubelle. Et puis, tant qu’à n’avoir plus rien à perdre, tant qu’à gâcher du papier, autant tenter un acte héroïque, une folie, une zébrure, un geste qui bouleverse l’équilibre. Miraculeusement, cela débloque parfois la situation. Et ce qu’on croyait perdu retrouve le souffle et pour finir s’équilibre.

Cartes postales

Pour un projet que j’ai pour l’été, je commence à créer diverses choses. J’ai réalisé ces petites cartes en deux heures, en piochant des images au hasard des revues que j’avais sous la main. L’idée mérite d’être développée je crois. Ces premiers essais m’ont bien plu, avec leur message plus ou moins ésotérique…

 L’exposition Mitchell / Riopelle à Landerneau

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Une fois n’est pas coutume, c’est avec mon fils que je suis allée voir l’exposition du moment au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau. Depuis que j’ai vu ce documentaire sur Niki de Saint-Phalle et Jean Tinguély, je suis… oui, disons le mot, fascinée par les couples d’artistes.

 

J’ai peut-être une vision idéalisée de ceux qui parviennent à mêler amour et création. Car, souvent derrière la complicité se cache une forme de compétition inavouée qui finit par déglinguer la relation. Toujours est-il que c’est avec une connaissance proche de zéro que j’ai abordé l’exposition retraçant les années communes de Joan Mitchell, peintre américaine et Jean-Paul Riopelle, artiste canadien.

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Ils se sont connus à Paris en 1955, à l’époque où une large communauté d’artistes américains était installée dans la capitale. C’est fascinant, au fil de l’exposition, de voir les influences réciproques et comment chacun, au contact de l’autre fait évoluer sa manière de travailler. Peu à peu, les traits de Joan Mitchell s’épaississent, à l’image des peintures de Riopelle. Tandis que lui sort d’une conception assez géométrique pour aller vers un mouvement plus ample et spontané.

Mitchell et Riopelle forment un couple libre, ouvert, ce qui à l’époque (et aujourd’hui encore…) n’est pas banal. Leurs vies sont faites de création, de voyages, de turbulences. Quand elle est heureuse, Joan Mitchell peint en jaune, en rose, en vert. Quand Riopelle la quitte, elle utilise des bleus-noirs très sombres qui révèlent son humeur et son état dépressif. Ce qui lui vaudra d’ailleurs de la part de son compagnon le surnom de « Rosa Malheur ».

Riopelle, lui, élargit peu à peu le cercle de ses influences. Il part dans le grand nord, peint une série de 40 icebergs, s’intéresse aux tribus amérindiennes. Il symbolise sur ses toiles le jeu de la ficelle que pratiquent les enfants de ces tribus. Mitchell se défendra jusqu’au bout d’une quelconque influence. Elle refuse les allusions aux travaux de son compagnon, mais aussi de Van Gogh ou de Monet. Féministe dans l’âme, elle veut être considérée pour elle-même et son travail. Elle peint jusqu’aux derniers jours de sa vie, en 1992.

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Selfie

Sinon, à part ça? Eh bien, j’ai essayé de faire un selfie avec ma chienne. C’est impossible, il manque toujours un bout de truffe, une oreille. Ou alors on ne voit que ses grandes dents de bête sauvage…

Et quand elle s’ébroue, ça floute tout!

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Ni Rosa Bonheur, ni photographe animalière… je fais bien de m’en tenir à la peinture abstraite!


4 commentaires

lewerentz · 12 avril 2019 à 17 05 56 04564

Et tu as aimé, cette expo ? En en lisant, je ne sais pas. Moi, c’est le genre de tableaux qui ne me touchent pas du tout.
Mais ils sont supers, tes selfies ! Ce qui est drôle et bien, c’est justement qu’il manque des bouts 😉

    Gwenaëlle · 12 avril 2019 à 18 06 34 04344

    J’ai été davantage intéressée par l’influence mutuelle, par l’évolution du travail que par les tableaux eux-mêmes. Cependant, certains m’ont plu. Quand on connait l’histoire qu’il y a derrière, on les apprécie mieux. Et puis j’aime bien sortir un peu de ce que j’aime pour étriller mes habitudes et mes goûts… Bon week-end à toi, Barbara. Bises bretonnes.

sylire · 20 avril 2019 à 22 10 03 04034

J’adore les selfies avec ton chien !!!
Bonne idée les cartes postales, pour l’été !

    Gwenaëlle · 30 avril 2019 à 7 07 29 04294

    Merci Sylvie. Désolée pour le retard dans la réponse… j’ai zappé quelques trucs pendant ces quinze derniers jours… 😳

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