Prendre de bonnes habitudes de travail

Je crois qu’on a tous vécu cela un jour ou l’autre. On prend des résolutions. On se balade sur le site d’Urban Sketchers et on se dit que nous aussi, on est capable de faire un croquis chaque jour. Ou bien écrire trois pages tous les matins avant que la maisonnée soit réveillée. On se promet de raconter sa semaine en photos, avec des petits textes poétiques ou amusants. Promis, on va s’y mettre aux petites vidéos qu’on a envie de partager avec ses amis! Et puis le temps passe, et puis on ne fait rien, ou alors pendant trois jours et alors le quotidien reprend le dessus. Le désir de créativité est balayé par tous les impératifs de la vie moderne. Il passe toujours en dernier, et est donc rarement réalisé.

Que l’on soit artiste ou écrivain, professionnel ou amateur, impossible donc de faire l’économie de la question du temps et de l’organisation. Si l’on a en parallèle une autre activité, il faut trouver le moyen de dégager des moments consacrés à la création. Et si l’on exerce à temps plein, il est nécessaire de trouver l’équilibre entre temps de création, gestion et communication, sans oublier les plages de repos. La totale liberté des journées pouvant conduire à une procrastination généralisée… Cela demande parfois plusieurs mois, voire des années avant de trouver le subtil agencement de l’emploi du temps, qui permettra d’accomplir tout ce qui est nécessaire de manière efficace.

Cahiers des matins 2017 – 2019,
de simples cahiers lignés

pour lesquels je choisis une page de magazine en guise de couverture.

La plupart des professionnels sont d’accord pour dire que la seule méthode qui, à long terme, porte ses fruits, c’est de travailler tous les jours, même si c’est seulement pour vingt ou trente minutes. Le fait de consacrer du temps au processus créatif doit devenir une habitude, une routine journalière. On peut se lever trente minutes plus tôt pour aller écrire ou dessiner dans un cahier. On peut aussi choisir de s’y mettre le soir, après le dîner. Pour moi, c’est souvent l’heure où j’ai envie de faire des collages… Ou encore profiter des transports en commun pour croquer ses compagnons de voyage. Les interstices dans lesquels glisser un peu de pratique existent. S’asseoir sur un banc, prendre le temps d’aller prendre un café en terrasse. Pour moi, l’entorse a cette règle, c’est le dimanche. J’aime bien ne pas me préoccuper du tout du travail qui m’attend, mais si j’ai envie de peindre, de dessiner ou de faire des collages, je ne m’en empêche pas pour autant. Le soir malgré tout, je prépare le travail du lendemain, c’est une manière de programmer mon esprit à se remettre en mode « créatif ».

Il faut également prendre garde de ne pas fixer des conditions telles que tout commencement devient impossible . Vouloir à tout prix avoir une journée entière devant soi ou bien avoir vendu toutes les toiles qui trainent dans l’atelier avant de se mettre au travail repousse l’échéance aux calendes grecques. Il ne s’agit pas de rapidité, mais de s’atteler quotidiennement pour muscler sa créativité, son imagination et sa capacité à faire surgir l’inattendu à tout moment. Comme le laboureur creuse son sillon…

Actuellement, je me suis fixé trois matinées par semaine uniquement réservées à la peinture. Parfois j’en fais plus, mais rarement moins. Le reste du temps est consacré à la formation (par l’intermédiaire de stages, de lectures, de podcasts), à la communication sur le blog et les réseaux sociaux, à la gestion globale (finitions, réalisations d’affiches, d’invitations, recensement des œuvres, photos, etc…). Si besoin, je ferai évoluer cette trame à l’avenir. Quand il n’y a pas d’exposition en vue, je peux consacrer davantage de temps à l’exploration, ou bien décider de développer davantage la communication. Dans ce cas, mon organisation évolue au fil des besoins. (ci-contre, collage in progress…)

Se fixer des objectifs de durée est une bonne méthode pour « encadrer » sa pratique : au mieux, trois heures pas jour, mais jamais moins de trente minutes par exemple. Pour des raisons pratiques, mais aussi parce qu’il arrive que « ça ne vienne pas », parce qu’on n’est pas dans le bon état d’esprit. Dans ces cas-là, ne surtout pas forcer! S’incliner, et aller faire autre chose… On peut aussi se fixer des buts : un certain nombre de collages terminés, une quantité de pages chaque semaine… Si besoin, on découpe en autant d’étapes nécessaires pour atteindre le but fixé.

Une fois le but atteint, il est bon de se féliciter et s’octroyer une récompense. C’est l’occasion d’un moment de pause bienvenue. On a aussi besoin de ces instants où l’on n’exige rien de soi. Je dois avouer que je pratique peu cette habitude de récompense. Je pense que c’est lié à l’éducation que j’ai reçue (mise au pilori pour la plus petite erreur, et jamais récompensée pour les succès… certain.e.s d’entre vous ont dû connaître ça aussi!) J’ai pour objectif d’inclure ces petites récompenses dans ma pratique. Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien? Plus sérieusement, le travail créatif est souvent solitaire, et l’aboutissement différé (édition, exposition…). S’octroyer des récompenses, considérer le chemin parcouru et s’en féliciter à intervalles réguliers permet donc de remettre de l’énergie dans le moteur et de souffler avant de se remettre à la tâche.

Et vous, quelles sont vos habitudes? Vos moments favoris pour créer? Pensez-vous à vous accorder des récompenses? N’hésitez pas à partager vos astuces et vos idées dans les commentaires.

6 commentaires sur “Prendre de bonnes habitudes de travail

  1. Bon jour,
    Pour ma part, je ne suis qu’un amateur de l’écriture mais je ne consacre pas de temps à écrire d’une manière « cadrée ». Il a ce besoin cette envie irrépressible…
    Ce qui est compliqué c’est de constituer, de « fabriquer » un recueil de textes. J’en fait deux à trois par an à compte d’auteur, ça prend beaucoup beaucoup de temps car je fais tout moi-même (sauf l’impression et la relecture correction (quand je trouve quelqu’un) 🙂
    Pour me récompenser, j’ai une phrase toute « bête » que je me dis au moins une fois par jour « je suis bien content » … le fais d’énoncer, de prononcer, d’entendre ces mots positifs a une valeur toute particulière … même si mon entourage a tendance à se moquer de ce genre de phrase 🙂
    Max-Louis

  2. Hello Gwenaëlle

    Merci pour cet article qui arrive pour moi à point nommé
    Je sors aujourd’hui d’un long tunnel professionnel (démarré le 9 novembre dernier) et je souhaite me remettre à l’écriture…

    J’encadre cette phrase sur mon agenda
    «  la seule méthode qui, à long terme, porte ses fruits, c’est de travailler tous les jours, même si c’est seulement pour vingt ou trente minutes. « 

    Je commence demain (réveil un peu plus tôt pour écrire :-))

    Bisess

  3. N’étant pas une grande créatrice, je n’ai pas ce problème là !
    Mais tenir à jour mon blog me demande tout de même une certaine rigueur. Et la régularité m’aide, c’est certain !

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