Etes-vous sujet(tte) au coup de foudre? Avez-vous tendance à craquer pour ce canapé vu dans un magazine de déco, ou bien cette robe dans la vitrine devant laquelle vous venez juste de passer? Achetez-vous le livre de votre auteur favori les yeux fermés? Souriez-vous en croisant cet inconnu sur le trajet du boulot? Vous arrive-t-il fréquemment d’avoir des coups de cœur? Et dans ce cas, y cédez-vous? Pourquoi? Et comment vous sentez-vous après?

Si je vous pose cette question, c’est que le peintre Nicholas Wilton dit à propos des toiles qu’on réalise : Don’t fall in love too soon. You’re juste dating… Pour traduire grossièrement : ne tombez pas amoureux trop vite, ce sont juste les premiers rendez-vous. Et il est vrai que lorsqu’on commence à peindre, et même lorsqu’on a un peu d’expérience, on peut avoir tendance à tomber « amoureux » de sa toile trop vite. On s’arrête juste au moment où cela commence à devenir intéressant. Ou bien on a peur de gâcher ce qu’on voit apparaitre et on préfère s’arrêter là.

Les premières couches

C’est pareil dans les autres domaines artistiques. Par exemple, se contente trop vite du texte qu’on vient d’écrire, et on ne le retravaille pas suffisamment. Ce qui fait qu’il ne trouve pas preneur. On manque d’expérience, d’endurance et de confiance en soi. On se persuade trop vite qu’on ne pourra pas faire mieux.

Mais on le peut! J’en ai fait l’expérience plusieurs fois, et notamment avec ces petites toiles que j’ai terminées la semaine dernière. Vous voyez ci-dessus le résultat des premières couches. Les formes sont encore grossières, les détails peu nombreux et les textures pas assez travaillées. J’ai procédé en plusieurs étapes, laissant passer une nuit entre les deux, pour avoir un regard neuf le lendemain matin, et pouvoir déterminer ce qui me plaisait ou non, quelles étaient les zones à retravailler. Je ne saurai pas dire combien de couches j’ai passées, mais un certain nombre. Il faut trouver le subtil équilibre entre la spontanéité du geste et la réflexion pour orienter les différents éléments dans une direction intéressante pour le spectateur.

Ne tombez pas amoureux trop vite… Je trouve l’expression pertinente, pour les relations personnelles comme pour la peinture. Longtemps, un de mes défauts a été de ne voir chez les autres que les qualités…. Quand les défauts apparaissaient, j’étais désarçonnée, déçue et je regrettais souvent mon élan. Aujourd’hui, je pense posséder davantage de perspicacité. L’expérience m’aide à aborder les gens avec plus de prudence et les toiles avec davantage de clairvoyance. Parce que dans un cas comme dans l’autre, ce sont les contrastes, les nuances, les tonalités et les différences qui font toute la richesse. Et pour tous les découvrir, il faut du temps, beaucoup de temps…

Concernant mes toiles, si vous voulez voir le résultat final, vous pouvez aller regarder la vidéo que j’ai postée sur Facebook et sur Instagram ce matin, où je vous propose un petit tour d’atelier et un gros plan sur les trois petits formats dont je parle ici.


6 commentaires

Françoise · 17 juin 2019 à 14 02 25 06256

Très intéressant ce billet. J’en ai profité pour aller voir la vidéo sur Facebook.
Lorsque je travaille la terre, et que je fais un personnage (c’est ce que je préfère faire), j’ai beaucoup de mal à le « lâcher », à me dire : c’est fini, tu peux arrêter. Lorsque je faisais de la peinture, c’était pareil je n’arrivais pas à mettre le mot « fin ». Donc, je ne pense pas, quant à moi, tomber amoureuse trop vite, j’aime plutôt prendre mon temps (sourire).
Belle semaine à vous, Gwenaëlle.

    Gwenaëlle · 17 juin 2019 à 14 02 29 06296

    Merci Françoise pour ce commentaire ! Est-ce que le risque dans ce cas de figure n’est pas de trop peaufiner? Je me fais l’avocat du diable! 😉 Bonne journée. A bientôt.

Miriam Panigel · 17 juin 2019 à 14 02 52 06526

Je suis avec grand intérêt tes articles vraiment passionnants. Comme j aimerais voit le resultat

    Gwenaëlle · 17 juin 2019 à 15 03 24 06246

    Il faut venir en Bretagne cet été! 🙂

lewerentz · 18 juin 2019 à 7 07 08 06086

Très intéressant et pertinent, ce parallèle !
Pour ma part, lorsque je pense « tenir le bon bout » avec une acrylique, j’ai tendance à voir y tester trop d’effets ce qui fait que je finis par la surcharger et tout gâcher. 🙁
J’adore tes toiles roses, superbes ! Particulièrement les 2 dernières.

    Gwenaëlle · 18 juillet 2019 à 16 04 43 07437

    Merci Barbara! Je me rends compte aujourd’hui que je n’avais pas répondu à ton commentaire! Quelle négligence quand même… Tu vas voir, peu à peu, avec l’expérience, tu vas réussir à épurer ton travail pour ne garder que ce qui te plait vraiment.

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