La rentrée a eu lieu et il était temps pour moi de reprendre le fil de ce blog, resté silencieux pendant les vacances. Après une semaine passée en Corse à tester les différentes positions du « farniente », j’ai repris doucement contact avec mon atelier. Je suis revenue à la peinture progressivement, car quand j’ai délaissé mes toiles et mes brosses pendant un long moment, j’ai toujours une petite appréhension au moment de m’y remettre. J’ai commencé par des croquis sur le vif, puis j’ai joué avec ces crayons Neocolor dont j’ai parlé sur Instagram, avant de passer à la peinture proprement dite, en entamant une nouvelle série.

Pourquoi travailler par séries?

Par travail en série, j’entends ceci : entamer plusieurs peintures en même temps, qui sont liées par la palette de couleurs choisies, les techniques utilisées, le sujet, la composition ou une façon d’associer plusieurs formes, par exemple.

Travailler sur plusieurs peintures à la fois représente d’abord un gain de temps appréciable. Pendant que les premières sèchent, on peut passer aux suivantes! En été, le temps de séchage n’est pas vraiment un problème, surtout si l’on travaille sous les toits, comme moi, mais l’hiver, c’est parfois long, et le fait de peindre sur plusieurs supports en même temps évite d’avoir à attendre ou de recourir au sèche-cheveux. Certaines techniques : coulures, glacis demandent une certaine quantité d’eau et le temps de séchage peut alors être relativement allongé…

Cette organisation du travail permet aussi de développer une idée en plusieurs versions. Disons que vous souhaitiez explorer les possibilités offertes par une palette limitée : travailler sur plusieurs toiles en même temps va permettre de jouer sur les formes, les aplats, les glacis tout en respectant la contrainte définie au départ. C’est une bonne manière de tester toutes les possibilités, d’aller vraiment aux limites.

Travailleur par séries permet également de ne pas gâcher de matière. Quand on prépare une palette, il y a toujours une quantité minimale de peinture à disposer. Si l’on a plusieurs feuilles (ou toiles) à traiter, on va pouvoir tout utiliser ou presque.

Un autre avantage est que l’on peut travailler de manière à créer un diptyque, ou un triptyque, avec une continuité entre les différentes peintures. Cette articulation entre les toiles est toujours intéressante.

Enfin, quand on travaille par séries, on obtient souvent un travail satisfaisant sur l’une ou l’autre des feuilles. Alors que si l’on choisit de travailler seulement une peinture à la fois, et que le résultat n’est pas à la hauteur de nos attentes, on ressent des émotions négatives : frustration, déception, perte de confiance, qui nourrissent de manière néfastes nos circuits de pensées. La prochaine fois que l’on voudra s’y remettre, on risque d’être assailli par ces mêmes émotions, et ce n’est pas un état d’esprit propice à la créativité…

Travailler par séries permet au final de repérer, dans la diversité de nos approches, ce qui nous plait ou pas, les zones qu’on trouve dignes d’intérêt, et celles qui le sont moins. C’est un support riche et foisonnant pour analyser son travail et aller vers ce qui nous ressemble. Cela donne aussi à voir une grande homogénéité. (ci-dessous, trois petits formats en cours, où l’on peut constater la cohérence des couleurs)

Comment s’organiser?

Quand je travaille sur papier, j’utilise pour mes séries deux grandes planches de contreplaqué, achetées en magasin de bricolage. Elles font 0,5 cm d’épaisseur, et 60x120cm. Elles ne sont pas trop lourdes et restent facilement manipulables. A l’aide de scotch pour les travaux de peinture, je fixe les feuilles les unes à côté des autres, en laissant toujours une marge blanche sur la feuille (je trouve cela plus propre pour le rendu final). J’en dispose entre 3 et 6 selon les formats, ce qui peut faire une série de 6 à 12 peintures.

Je les pose sur un chevalet ou sur ma table de travail et travaille par rotation, avec des couleurs communes puisqu’issues d’une même palette. Une chose à laquelle il faut faire attention, au moment d’enlever les bandes qui tiennent les feuilles : le papier détrempé peut parfois coller au scotch et il faut alors attendre un peu pour ne pas prendre le risque de le déchirer (je parle d’expérience là…).

Quand je travaille sur des toiles, j’utilise les vis que j’ai fixées à même le mur, sur deux rangées, pour accrocher 2, 3 ou 4 toiles. Je peux ainsi travailler sur l’une, puis l’autre, et j’ai suffisamment d’espace aussi pour prendre un peu de recul, et vérifier l’impression d’ensemble. Si les toiles sont de petit format, je peux les disposer sur ma table et travailler assise.

Le bonus

C’est une petite astuce que j’ai apprise de Nicholas Wilton, pendant le stage CVP : il est bon d’avoir toujours un panneau de bois, ou une toile ou même une feuille sur laquelle on se décharge du surplus, des couleurs inutilisées sur la palette. On peut y tester aussi un motif, une forme, un pochoir. Assez curieusement, parce que la vocation de ce panneau n’est pas d’aboutir à un travail fini, on peut y découvrir des effets inattendus, des associations de couleurs auxquelles on n’aurait pas pensé, mais qui fonctionnent. N’accorder aucune charge affective à ce qui se produit sur cette surface « poubelle » libère et offre parfois des résultats très inspirants!

Alors, convaincus? J’attends vos réactions, vos avis et vos commentaires si vous décidez de tester cette organisation.


4 commentaires

lewerentz · 5 septembre 2019 à 6 06 56 09569

Oh oui, plus que convaincue et une furieuse envie de rester à la maison aujourd’hui pour tester – mais il me faudra patienter jusqu’au week-end qui, apparemment, sera moche météorologiquement parlant.
J’avais fait une série, une fois, sur de petites feuilles A5, j’avais bien aimé le fait que parfois, un effet raté sur une m’avait permis de comprendre pourquoi et réessayer rapidement sur une autre.
Merci pour ton partage, bisous.

    Gwenaëlle · 5 septembre 2019 à 8 08 28 09289

    Hâte de voir ce que tu vas produire! Les week-ends pluvieux sont parfaits pour rester tranquillement chez soi à peindre, tester, écrire, réfléchir et définir la suite du chemin… Bonne fin de semaine. Bises.

gambadou · 12 septembre 2019 à 21 09 55 09559

quelle organisation !

    Gwenaëlle · 13 septembre 2019 à 8 08 55 09559

    Tu trouves? C’est vrai que je suis plutôt organisée dans la vie aussi. J’ai du mal à travailler dans le bazar… 🤪

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