Je vous ai laissés à la fin du dernier billet sur ce cliffhanger terrible : comment passer à l’action? Je vais vous expliquer aujourd’hui une méthode qui ne produit pas de résultats magiques mais permet de comprendre pourquoi on remet souvent au lendemain, voire à la prochaine décennie, ce que l’on voudrait faire. Je l’ai découverte dans un livre de Tony Robbins, célébrissime coach américain qui donne des conférences dans le monde entier.

Les chercheurs en neuro-sciences sont d’accord pour dire que le cerveau humain est conçu de telle manière qu’il privilégie trois attitudes : rechercher le plaisir, éviter la douleur, et conserver son énergie. En matière de décision, il va donc falloir garder cela à l’esprit. Dans son livre – Awaken the giant within – que je n’ai pas lu en entier (j’aime trouver des outils, mais j’ai du mal à avaler ce genre de discours d’une traite et de bout en bout…), Robbins donne une procédure en cinq étapes pour nous aider à décider, et notamment à décider de changer ces domaines de notre vie que nous avons laissés en friche. Les voici :

  1. Commencer par écrire trois ou quatre décisions que l’on remet sans cesse à plus tard
  2. Sous chacune, noter ce qui explique notre inaction, la douleur que l’on a liée à cette décision
  3. Troisième étape : on explore ce que le fait de ne pas agir apporte comme plaisir
  4. Ensuite, on écrit ce que cela va nous coûter si l’on ne change pas maintenant
  5. Enfin, on note le ou les plaisir(s) que nous apporterait le fait de changer maintenant (à court et à long terme)

1.Imaginons une personne qui remet à plus tard son envie de peindre de manière plus régulière.

2.La douleur associée est de se retrouver face à un résultat décevant, ou à ses propres limites. Si à chaque fois qu’elle se trouve devant une toile blanche, cela remue des émotions négatives, cette personne cherche naturellement à éviter de s’y confronter.

3.Ne pas peindre permet à son esprit de demeurer tranquille, de ne pas avoir à s’interroger sur ses blocages et de poursuivre sa petite routine bien tranquillement.

4. Mais si le désir de peindre est là, et que la personne n’y répond pas, alors la frustration s’installe, ainsi qu’une mauvaise estime de soi. Elle se traite d’artiste ratée, d’incapable. Elle a honte, elle se trouve lâche. Et tout cet argent fichu en l’air pour l’achat de fournitures! Peut-être qu’alors, elle se met à manger plus, pour éviter de se confronter à ses émotions négatives, ou à boire, ou à passer l’aspirateur compulsivement… (si, si, ça s’est vu!)

5. Si elle décidait d’aller peindre, quel que soit le résultat, qu’est-ce que cela lui apporterait? La pratique régulière lui permettrait de s’améliorer peu à peu. Elle se sentirait plus courageuse. Elle serait peut-être curieuse et apprendrait des techniques grâce à des tutoriels. Elle pourrait apprécier ce temps à elle, où elle accède à son désir d’exprimer sa créativité. Elle pourrait rencontrer d’autres artistes…

Comme vous le voyez, en procédant de cette façon pour tout ce que l’on remet au lendemain, on permet au cerveau de dépasser l’inconfort que va générer la prise de décision – je ne sais pas faire, je suis fatiguée, je suis nulle, je n’ai pas le temps… – pour voir plus loin et imaginer les bénéfices que l’on en retirera. Cela ouvre une porte par laquelle la conscience peut s’engouffrer pour court-circuiter l’habitude du cerveau d’aller plutôt vers ce qu’il connait déjà et pratique facilement (c’est moins fatigant…).

Oui, c’est bien joli, allez-vous me dire, mais si je prends la mauvaise décision?

Face à ce risque, vous avez deux options. La première : vous vous dites, je peux me tromper, cela fait partie de la vie, et si jamais cela se produit, eh bien j’apprendrai de mon erreur. Comme le disent certains : ou je réussis, ou j’apprends. La seconde : vous dire, je choisis ceci parce que j’aime mes raisons pour le faire, et je vais agir afin de mettre toutes les chances de mon côté pour faire aboutir ma décision.

Dans notre fonctionnement habituel, le système de décisions qui gouverne notre vie se met en place inconsciemment à travers l’éducations, la culture, la société. Il est composé de cinq éléments :

  • nos croyances et nos règles inconscientes
  • nos valeurs
  • nos références
  • les questions habituelles que l’on se pose
  • les émotions que l’on ressent

L’ensemble de cela détermine pourquoi on fait (ou ne fait pas) ce que l’on pense devoir faire. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que l’on peut changer de système, et mettre en place volontairement une autre façon de décider. Grâce à ce petit outil que j’ai détaillé ci-dessus, mais aussi en interrogeant systématiquement les pensées que l’on a et leur validité. Vaste chantier, mais que je trouve absolument passionnant…


2 commentaires

lewerentz · 20 février 2020 à 9 09 45 02452

Vaste chantier, tu peux le dire. Merci pour ces pistes.

gambadou · 24 février 2020 à 17 05 48 02482

Plus facile à lire qu’à faire. Je dois nettoyer mon plafond de chambre depuis 3 mois …

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