Ecrire, c’est ouvrir une porte. Une porte dont on ne sait pas où elle mène la plupart du temps. Même quand on a un plan bien établi, ou une trame d’histoire en tête, le détour d’une phrase peut nous surprendre. Alors aujourd’hui, j’ouvre cette porte. Que vais-je trouver derrière? 

D’abord les couleurs de l’aube – orangés et mauves. Et sur la mer, un homme dans sa barque, qui remontait ses casiers. Paisible. Je me suis dit, en voilà un qui a tout compris. Larguer les amarres, quitter la terre et se tenir sur la ligne fine qui sépare les oiseaux des poissons. Coque rouge, ciré jaune, bouée orange. En quelques minutes, j’avais déjà fait le plein de couleurs. J’ai aussi regardé des cormorans décoller. J’ai l’impression qu’ils utilisent le bout de leurs ailes pour prendre appui sur l’eau et s’élever. Leurs pattes palmées frappent le liquide, tracent une ligne droite et s’égouttent enfin quand ils prennent leur envol. 

La plage des Dames au soleil levant
(bientôt rebaptisée Plage de Sabine…)

Ensuite les couleurs sur la palette, un peu différentes. Plus primaires. J’ai tourné quelques séquences pour mon cours en ligne que j’espère pouvoir publier fin mai. Fixer le téléphone sur la perche, ajuster l’écran, mettre en route, me lancer. Recommencer, une fois ou deux. Ou bien m’apercevoir que je n’ai enregistré que les intermèdes… cela m’arrive plus souvent qu’on ne peut l’imaginer! Ensuite, il faut transférer les images, et monter les séquences. Et puis compresser le film et enfin le télécharger sur la plateforme de cours en ligne. Tout cela prend des heures… 

Mais toute ma journée n’est pas que couleurs. Il y a aussi des sons. Les voix de mon groupe de peinture – deux norvégiennes, une anglaise d’origine indienne installée à Vienne et moi. Nous nous retrouvons, via internet, toutes les trois semaines environ pour parler de notre travail, de ce qui nous occupe ou nous préoccupe. Cela fait environ un an que nous avons ces rendez-vous quasi-mensuels et nous nous connaissons bien maintenant. C’est important d’avoir ces rencontres et de pouvoir discuter de tous ces sujets artistiques qu’on ne peut pas forcément évoquer avec la famille ou les amis, surtout quand toute forme d’échange physique est prohibée. 

Aujourd’hui, c’est un jour “tête dans le guidon” et cela se ressent dans l’écriture. L’impression d’avoir moins de matière, et que celle qui est là est moins riche que d’habitude. Bien sûr, je ne tiendrai pas le rythme quotidien qui a été le mien la semaine dernière. Et je ne veux pas d’ailleurs que cela devienne une habitude, et encore moins une contrainte. Je veux maintenir une certaine légèreté dans ce « Journal d’une artiste ». Et puis je passe déjà tant d’heures dans mon atelier, assise ou debout. J’ai besoin de bouger davantage, je le sens dans chaque fibre de mon corps. Comme je sens que j’ai besoin de perdre quelques kilos. Mais ça, c’est un autre sujet!


2 commentaires

martiphil5 · 20 avril 2021 à 4 04 53 04534

la vie est plus belle en couleur, la liberté est délicieuse, la solitude un met raffiné, la lumière traversant la scène d’un vitrail peut réchauffer l’âme, pourquoi certains jours cela ne saurait suffire ? l’âme est comme un poumon il doit se remplir puis se vider pour mieux se remplir à nouveau, dame sensibilité se chargeant de donner son tempo à la musique des sentiments. Le besoin de bouger se fait sentir comme celui de respirer à pleine bouche ouverte… L’air marin iodée doit être un délice … on échange contre un pchitt des cimes redevenue toutes blanches ?! belle journée Gwenaëlle

    Gwenaëlle · 20 avril 2021 à 8 08 32 04324

    C’est très poétiquement dit! On en discutait hier avec les amies artistes : on a besoin de peindre, mais on a aussi besoin de ce qui nous donne envie de peindre! L’air iodé est doux, plein, et celui des cimes frais, pur, aiguisé… mais oui, faisons-nous mutuellement déguster nos airs favoris! Bonne journée à toi aussi!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :