Ce matin, à peine au saut du lit, cette question : What is your quest? Cela vient directement du film The Monty Python and the Holy Grail, mais pourquoi est-ce que cette question tourne dans ma tête alors que je ne suis même pas encore réveillée?

Quelle est ma quête? Quel est mon but? Ce n’est jamais une question facile, mais depuis toutes ces année, j’ai eu le temps d’y répondre. Ma quête, c’est l’expression inconditionnelle de soi et la réalisation de son potentiel. Non seulement d’un point de vue personnel, mais aussi plus global. C’est dans cette direction que je veux accompagner et aider, notamment à travers l’art et la création.

Je pense au périmètre de nos vies. En ce moment, nous sommes tous des chèvres de Mr Seguin. Nous aspirons à quitter notre champ pour aller brouter une herbe un peu plus verte. (L + l) x 2. Je calcule. J’ai le droit d’aller faire des courses, d’aller travailler, ou consulter mon médecin. J’ai le droit d’aller me balader dans un rayon de dix kilomètres. J’ai le droit d’aller emprunter des livres à la médiathèque. Voila. C’est à peu près tout. On tourne en rond. Un rond qui fait 62,8 km de périmètre. Sous nos passages répétés, l’herbe est tout flétrie. La routine est devenue notre pain quotidien. Plus encore qu’avant. Et je ne parle même pas du périmètre tout aussi restreint de nos relations.

C’est en CE2 que j’ai appris à calculer l’aire et le périmètre. Imaginez une pièce haute de plafond, toute remplie de filles en blouses bleues et une estrade en bois, devant un tableau noir, dont les lattes craquent sous le pas de la maitresse, pourtant poids plume. Chaque élève a son petit bureau individuel. Les livres prêtés pour l’année sont recouverts de plastique et bien rangés dans la case, en dessous. Sur le mélaminé, un morceau de bulgom est posé, car l’institutrice – une de la vieille école – ne supporte pas le bruit. Surtout celui des petites règles en métal dont nous nous servons pour tracer ce fameux périmètre.

Hier, discussion à table sur l’espérance de vie et les moyens de la prolonger. Mon fils raisonne en scientifique : sur quels éléments agir pour réaliser cela? Mon mari et moi, brouillons et imprécis, nous lançons dans un questionnement philosophique. Prolonger la vie, d’accord, mais pour en faire quoi? Est-ce que vraiment ajouter cinq ou dix ans à notre vie est le problème? Pourquoi ne pas d’abord se focaliser sur la qualité de la vie que nous menons? Faisons-nous le maximum dans ce domaine? Comme on le voit, cela rejoint les questionnements de l’époque. La protection de la santé justifie-t-elle la privation de liberté? Et la santé, est-ce juste ne pas être malade? Vous avez quatre heures. Ou six, ou douze. Après tout, en ce moment, du temps de réflexion, on en a à revendre non? Mon fils abandonne la discussion. Pas assez de rigueur intellectuelle, dans cette maison!

What is your quest, donc. On en revient là. Trouver la réponse peut prendre du temps. Sans compter qu’on peut se tromper. Mais après tout, rien n’interdit d’avoir plusieurs buts successifs. Une fois qu’on sait dans quelle direction on va, encore faut-il savoir comment on va s’y prendre. L’expression inconditionnelle de soi, c’est bien gentil, mais tu traduis ça comment? Et comment tu aides les autres à s’exprimer librement, dans toute leur singularité?

Je n’ai pas toutes les réponses. Je commence par quelque chose. Des cours à Botbihan. Des billets ici, où j’essaie d’être vraie, sincère. Pourtant, hier, j’avais écrit un texte, et puis je l’ai supprimé. Par censure? Non, parce que le ton ne me plaisait pas. Je me trouvais geignarde. Et ce n’est pas une facette que j’ai envie de montrer. Pourtant elle existe. Je me plains, parfois. Gna gna gna… Des nuits hachées, de la situation, du manque de liberté. Si je voulais, je pourrais trouver tout au long de la journée matière à être mécontente. Mais ça servirait à quoi? Ce serait la double peine : le désagrément en lui-même et mon humeur projetée dans les basses pressions.

Pourquoi on se plaint? Est-ce une survivance de l’enfance, quand on est encore impuissant à agir selon notre volonté? Est-ce une manière de demander l’aide et la compassion de l’autre? Un exutoire? Une forme de libération? Une façon de justifier son manque d’action? C’est curieux. Parce qu’on sait que ça ne sert à rien. Qu’il vaut mieux accepter ce qui est, et poursuivre sa quête, son chemin, son évolution. Pourtant, on continue à se plaindre.

Périmètre + quête + plainte… ce billet aussi part dans toutes les directions. Mais il n’ira pas loin… la preuve!


3 commentaires

Francois FOURNIE · 29 avril 2021 à 20 08 12 04124

bonjour Gwenaelle, vos articles ont interessant mais il me manque votre « empreinte graphique » qui m’a attire vers votre blog, a l’image de vos tutos precedents. Peut-etre y a t’il une facon d’aborder le sujet avec 2 angles complementaires, ce qui enrichirait l’ensemble. Salutations de la Bretagne Sus. Francois

    Gwenaëlle · 29 avril 2021 à 21 09 18 04184

    Merci François pour votre commentaire. Ces derniers temps, je me suis surtout concentrée sur le cours en ligne que je prépare. Je reviendrai à la peinture et aux tutos d’ici peu. Y a-t-il des sujets qui vous intéressent particulièrement? Bonne soirée.

      Francois FOURNIE · 1 mai 2021 à 12 12 15 05155

      Gwenaelle, merci de votre reponse et de l’allusion a mon commentaire dans votre derniere newsletter. Il va sans dire que la situation actuelle (meme si ca commence a se clarifier) n’est evidemment pas « liberateur » par rapport a la creation en general et que mon point visait effectivement a apporter du positif, ce que vous avez bien compris…. Pour les tutos, ce qui m’interesserait serait un pas-a-pas sur des exemples de peinture a l’huile dans le frais ou de technique mixte huile-acrylique. A vous suivre. Francois

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