Ce matin, j’ai ouvert les yeux, il faisait encore nuit. Cela m’arrive souvent. Je dors mieux, mais je dors peu. J’ai entrouvert la fenêtre pour écouter les oiseaux s’éveiller avec le jour. Le coq poussait déjà son cri déchiré, l’aube n’était pas loin. Des gouttes de pluie faisaient des percussions sur le sol. L’air frais se glissait par la fenêtre. J’étais bien sous la couette. J’ai pensé que cela allait faire bientôt un an que j’ai signé la promesse qui m’engageait à acheter cette maison de Botbihan où je passe mes fins de semaine. Un an que j’ai eu le coup de foudre qui m’a ancrée ici, dans la nature verdoyante de la « montagne » bretonne.

Je me retourne régulièrement. Sur la semaine, le mois, le trimestre, l’année. C’est nécessaire pour m’orienter, savoir si j’avance dans la bonne direction et à mon rythme. Je me retourne, mais ne regarde pas forcément les bonnes informations. Les chiffres par exemple… ce n’est pas eux qui me font peur, mais ce qu’ils signifient. Les niveaux trop bas de la fréquentation, de l’audience, de l’intérêt. Je voudrais bien faire sans me préoccuper de tout cela. Comme la plupart des artistes d’ailleurs. Mais c’est le nerf de la guerre. Si personne ne sait que j’existe, et ce que je fais, comment puis-je imaginer vendre mes toiles, mes cours, mes stages?

Et en ce moment, tout est fait pour que l’on tombe plutôt dans l’excès inverse. Pour qu’on ne voie plus que les chiffres, les chiffres, les chiffres, partout. Chômeurs, malades, lits de réanimation, poids, endurance, cardio-trucs, et classements-bidules. En oubliant tout ce qu’il y a derrière. Pas des intelligences artificielles. Pas des robots. Des HUMAINS. Et on peut s’épuiser à force de ne considérer que les chiffres. Tout comme on peut se perdre en refusant de les voir. Comment trouver le juste milieu?

Il me semble que le trouver, c’est accepter ce mouvement de balancier. On ne peut pas être dans l’équilibre instantanément, ni de manière définitive. La vie, c’est comme la marche : un déséquilibre permanent qui permet le mouvement. Alors régulièrement, j’oublie la mesure, et je me fourvoie. Et puis j’y fais de nouveau attention et je reviens à ce qui est important. Mais aussi à ce que j’aime et veux faire.

Par exemple, les réseaux sociaux me donnent de l’urticaire, mais j’aime bien faire des vidéos. Alors pourquoi ne pas aller dans cette direction? L’idée a fait son chemin – assez vite d’ailleurs, ce qui n’étonnera pas ceux qui me connaissent de près… En fait, j’aime bien ça depuis que j’ai pratiqué pendant mes études. Pourquoi ne m’en suis-je pas rendu compte avant, hein? Peu importe, je me suis inscrite à un cours et je compte améliorer les vidéos que je propose sur ma chaîne YouTube. J’apprends tout un tas de détails, d’astuces et de règles auxquels je n’aurais pas fait attention sinon. Et puis, c’est toujours très stimulant de découvrir les potentialités de l’outil. La vidéo laisse une grande place à la créativité, et ça me plait!

D’ailleurs, je vois déjà des différences entre cette vidéo-ci, publiée cette semaine, et celle qui sera en ligne la semaine prochaine. Grâce au cours, j’ai revu aussi la bande-annonce de mon cours en ligne (voir plus bas dans la page). J’aime quand les conseils donnés sont aussitôt applicables…

Le balancier, c’est aussi entre le début de la semaine que je passe à Douarnenez, où je travaille intensément et ma vie à Botbihan. J’ai mis en place une nouvelle organisation qui convient mieux à mon rythme d’insomniaque : je commence à travailler à six heures du matin, et utilise mon énergie matinale pour tout ce qui demande concentration et création. L’après-midi, je fais plutôt ce qui me nourrit, me régénère (lire, marcher, dessiner), ou bien est nécessaire mais sans demander d’effort intellectuel (ménage, courses…).

Quand je suis à Botbihan, j’adopte un rythme toujours matinal mais différent. Il y a le cours que je donne à l’atelier, le vendredi après-midi, très riche mais aussi consommateur d’énergie. J’ai beau n’avoir que deux élèves pour le moment, l’ambiance est sympa, réchauffée par le feu dans le poêle. Nous ne voyons pas le temps passer… Et puis je suis si sensible à l’influence de la nature, au calme environnant, qui poussent à l’introspection et à la réflexion. Je fais de longues balades dans les chemins d’herbe ou de pierres, et cela me donne le sentiment d’être parfaitement à ma place sur cette planète.

Mon premier cours en ligne sort demain. Pour vous dire à quel point je peux être déconnectée parfois : je n’avais même pas remarqué que c’était un jour férié! Est-ce que cela sera positif, négatif, ou sans importance? Je n’en sais rien. Je me suis fixé un objectif chiffré pour les premières ventes de ce cours. Eh oui, il fallait bien! Je croise les doigts, et je vous raconterai ça dans un autre billet.

En attendant si vous êtes intéressé, je vous offre un aperçu ci-dessous. Le cours s’intitule « Peinture et explorations » et propose de découvrir, ou de re-découvrir la peinture par le jeu, le lâcher-prise et la curiosité. Les trois parties qui le composent permettent d’avancer en douceur, et se complètent, pour aboutir à deux projets complets.

Rendez-vous demain pour le lancement officiel! En attendant, profitez-bien de votre dimanche!


2 commentaires

Alain Orsot · 23 mai 2021 à 12 12 36 05365

Merci pour votre article. J’aime beaucoup votre comparaison entre la vie et la marche, « un déséquilibre permanent qui permet le mouvement ». Il faut en effet accepter que la stabilité rassurante ne puisse être qu’un état transitoire, car vie et mouvement sont intimement liés.

    Gwenaëlle · 23 mai 2021 à 18 06 04 05045

    Merci Alain. On est totalement d’accord! 😉

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