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Et l’exploration continue…

C’est délibéré : j’ai placé cette année sous le signe de l’exploration. Et tant pis si je ne crée pas autant d’œuvres à exposer et à vendre. J’ai senti que j’avais besoin de ce temps d’expérimentation, et je me l’accorde.

Tout a vraiment commencé quand j’ai décidé de réaliser de manière plus régulière des vidéos sur YouTube. Je voulais trouver une sorte de roulement pour les sujets, et j’ai donc décidé de parler de sketchbooks, de mixed-media, d’état d’esprit et de faire un vlog de temps en temps.

Jusque là j’avais utilisé mes sketchbooks de manière sporadique, sans vraiment avoir de direction. Evidemment, pour faire des vidéos, il fallait savoir où j’allais… Peu à peu, j’ai commencé à travailler dans mes carnets plus régulièrement, et à en créer aussi, car c’est une activité qui me plait beaucoup, de créer le fond et la forme.

Peu à peu, j’ai pris goût à ce travail au point de vouloir maintenant y consacrer une grande partie de mon temps. Je ne me lasse pas de découvrir toutes les manières dont on peut utiliser un sketchbook. Pour y faire des essais bien sûr, mais aussi pour y tenir une sorte de journal artistique, ou bien consigner là couleurs, palettes, motifs, ou encore pour travailler sur des thèmes spécifiques.

Dans mes sketchbooks du moment…

A cela s’ajoute toutes les manières de créer des carnets, des livrets, des compilations, en les collant, en les reliant, etc… J’enseigne aussi ces techniques lors des stages que j’organise, et je vois que cela plait beaucoup aux participantes. Le plaisir de fabriquer un bel objet, de A à Z, est incomparable.

Explorations dans le groupe Art/System

A côté de cela, l’exploration se poursuit sous d’autres formes. Dans le groupe Art/System où nous travaillons chaque mois autour d’un thème différent. En mai, c’est “Chaos/Calme” qui nous guide et pour cela j’ai entrepris quelque chose qui se révèle assez compliqué.

J’ai en effet décidé d’utiliser d’anciennes toiles en re-travaillant dessus. La première étape consiste en une série de collages que je déchire ensuite en partie. Je me retrouve avec une surface très chaotique, comme on peut le voir sur la photo à gauche, ci-dessus, faite de morceaux de papier, déchirés ou non, et de restes de l’ancienne toile dessus. Le défi consiste alors à aller vers une composition, et un apaisement des formes et des couleurs, pour donner une unité, une cohérence et un sens à toutes ces couches accumulées. Je dois dire que c’est difficile, mais excitant en même temps!

Explorations sur feuilles libres et les yeux grands ouverts…

Je travaille aussi sur papier, en choisissant le temps de quelques essais, un thème, une technique. Dans les deux exemples ci-dessous, j’ai choisi d’aborder le premier en commençant par des traits de fusains, et le second en utilisant beaucoup d’eau pour créer des gouttes, diluer, recouvrir… Avec une contrainte supplémentaire : utiliser une palette limitée…

Avec le temps, je me rends compte que je reste inspirée par les mêmes choses, mais j’ai envie de les exploiter, de les creuser différemment, en changeant les couleurs, les techniques, les formats. Je crois que c’est une évolution normale, et que cela répond au besoin de définir un périmètre de jeu, ou un domaine de vol, afin de se concentrer sur ce qui résonne le plus en nous. J’en discutais récemment avec une autre artiste qui me disait que pendant longtemps, elle a peint des tas de sujets différents, des portraits, des natures mortes, avant de se fixer sur les fleurs. Elle explore désormais quasi-exclusivement ce sujet.

Dans un de mes (trop nombreux!) carnets, en novembre 2021, je notais :

Je veux dire la matière brute des rochers, des villes attaquées par le temps, la corrosion exercée par le sel et la mer, ce qui s’effrite lentement et ce qui tient encore debout. Les vestiges, les ruines, les lieux secrets, oubliés. La matière friable sous les doigts. Les îlots de beauté dans le chaos. Les couleurs, intenses ou défraichies, la matière et les fragments.

Voilà donc ma feuille de route pour les mois (les années?) à venir, et tout autour de moi semble conspirer à me pousser dans cette direction, en m’inspirant, encore et encore, dès que je me balade et ouvre grand les yeux…

Sur les coques des bateaux

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