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Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

Catégorie

Ecrits spontanés

Juste là

Lundi 3 octobre – 18.00

Cet après-midi, j’ai fait l’atelier buissonnier. Je suis allée marcher sur la plage, pieds nus dans les vagues. La plage est immense, et bordée de roches noires et pointues sur lesquelles pousse une herbe drue qu’aiment particulièrement les lapins. J’ai marché, donc, les chaussures à la main, pataugeant dans l’eau, avec un plaisir comparable à celui manifesté par mon chien. Dans le simple plaisir du corps en mouvement, et du contact avec les éléments. Autour de moi, le ciel à perte de vue, l’horizon bien net, l’eau fraîche sur ma peau, le sable sous la plante de mes pieds, la chaleur du soleil, le calme apaisé de cette après-midi et la solitude bien choisie. Lire la suite

Impressions Monts d’Arrée

Partir seule est une manière de m’éprouver, surtout dans la marche. Le premier jour, je fais douze kilomètres autour de Saint-Cadou. La journée est très chaude, comme cela est arrivé quelques fois cet été en Bretagne. On frôle les trente degrés. Je cueille des mûres tièdes en route et puis me concentre sur le chemin, car ce n’est pas toujours bien balisé. Le soleil me tape sur le crâne. J’enchaîne les pas, alourdie par mon sac à dos. La visibilité est excellente et depuis la colline sur laquelle se déroule le chemin, j’ai l’impression d’être en montagne. Je ressens une sorte d’exultation à être ainsi au milieu de la nature, dans les centaines de nuances de vert qui s’étendent jusqu’au fil d’horizon.

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La chambre jaune

Je ne suis pas partie très loin, mais je n’ai pas choisi ce lieu par hasard. La première chambre où j’ai décidé d’aller passer une nuit est située dans un hameau, près de Commana. Cette bourgade de mille et quelques habitants est le lieu où a vécu une partie de ma famille maternelle. Derrière un portillon de bois gris, tout au fond d’un jardin rendu ombreux par deux immenses buis, vivaient l’oncle et la tante paternels de ma mère. Je venais leur rendre visite lors de mes séjours bretons. J’y ai quelques souvenirs : un gadin magistral qui m’a laissé sur le genou une cicatrice qu’on voit encore, une maison basse sentant l’encaustique, les dix francs que me donnait Tante Guite pour aller m’acheter des bonbons chez Madame Le Sein, le Fanta que buvait ce grand-oncle presque timide, dont on m’avait dit qu’il avait été fait prisonnier pendant la guerre. Frère et sœur, ils vivaient ensemble dans ce coin des Monts d’Arrée. Ils allaient au jardin, sabots de bois aux pieds. Leur maison basse et cachée avait quelque chose de celles des contes. Il me semblait toujours qu’il y avait là un mystère qui planait, des non-dits, des renoncements peut-être, une manière de s’extraire du monde pour cesser de souffrir.

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A deux kilomètres de là, je trouve facilement le lieu-dit Kervéroux où je suis attendue pour la nuit. C’était autrefois un village de tisserands, dont les maisons ont ensuite été reconverties en fermes. Aujourd’hui, les quatre ou cinq maisons qui le composent ont toutes été joliment restaurées. Elles sont nichées dans une exubérante verdure, à peine signalées par un calvaire qui tend ses doigts vers le ciel. J’y arrive après une chaude journée passée à marcher. Je suis chaleureusement accueillie par le couple qui vit là et tient ces chambres depuis une quinzaine d’années, Marie-Thérèse et Michel Lancien. Lui est sculpteur et cette particularité a évidemment pesé dans mon choix. Je suis toujours curieuse de découvrir le travail d’autres artistes, d’échanger avec eux.

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Poème pour les pierres (1)

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Sur ta peau

l’empreinte de mes doigts

caresse prolongée à ta surface irréfutable

pour déchiffrer la gravure

du temps et des embruns

vocable sensible

des mystérieux passages

de la lumière

à l’obscurité

je ne saurai rien de ton obstination minérale

ne te connaitrai pas mieux après

mais au creux des mains

j’aurai inscrite à jamais

la douce poésie

de ton langage.

Et s’aimer…

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Quatre heures du matin. Je ne dors plus. Cette urgence au creux du ventre, presque comme une contraction. Aller écrire. Aller jeter sur le papier. Des mots. Des morceaux. Il faut peut-être ce réel détraqué par l’insomnie pour atteindre cette écriture vraie. Dans cette ivresse créée par la privation de sommeil, dans cet instant suspendu entre deux tranches de jour. La nuit, noire, comme celui que j’ai l’impression de porter en moi parfois. Un noir épais, pâteux. Un noir de tube de peinture. Un noir qui éteint tout. Lire la suite

Livruscule

Toujours plein d’idées dans la tête, et jamais assez de temps (ou d’espace) pour les réaliser. Mais aujourd’hui, foin des contraintes, je me suis lancée/amusée à faire ce livruscule spontané, tant au niveau des couleurs que des mots, puisque j’ai pratiqué une écriture semi-automatique… C’est un jeu en rose et bleu, et puisque le début mord la queue de la fin, il y a là comme un air de ronde enfantine.

D’où je viens / les jours bleus  / dans les brumes du matin où se terminent les nuits trop courtes / après quoi je rêve éveillée / la porte secrète d’un château qui n’existe pas dans un lieu inaccessible / Et pourquoi pas? / Plus sûrement je m’égare sur les chemins tracés par les branches folles d’un arbre qui relie le ciel à la terre / Ne me demandez pas d’où je viens je n’en sais rien il suffit que je ferme les yeux et tout s’efface. Je n’ai pas de papiers et pas de nom. Je ne sais aucun chiffre. Je n’ai nulle maison. / J’arrive tout droit de POESIE / ce pays tout sauf plat / à la source des mots / D’où je viens.

Ecrits spontanés

Comme on peint sur le motif, j’ai envie parfois d’écrire sur le motif. Des bribes de ceci et de cela – sensations, émotions, instants vécus – qui s’expriment sous une forme un peu brute. C’est un choix que je fais pour garder un maximum de spontanéité. Et comme tout choix, cela peut se discuter. Je les partage sur ce blog, parce que j’ai trop d’écrits qui trainent au fond de mes tiroirs. Il est temps qu’ils prennent un peu l’air.  Lire la suite

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