Ce petit livre de format carré, édité par les éditions Dialogues, réunit deux regards. Celui de Philippe Le Guillou, écrivain né au Faou et qui a reçu le prix Médicis en 1997 pour Les sept noms du peintre, et de Matthieu Dorval, peintre breton inspiré par la nature et ces lieux où la mer annonce la fin de la terre. Les deux hommes se connaissent depuis quelques années, et Philippe Le Guillou évoque d’ailleurs dans ce livre leur première rencontre.

Ce que je rêvais de découvrir à présent, c’était le lieu même de l’intimité du peintre, son laboratoire central, le creuset où, insomniaque, il glisse la nuit à pas noirs et feutrés, au-dessus de la mer immobile, de l’île de l’Aber, de ce tombeau plein de secrets et de formules, déposés là, au début des temps par des hommes à qui l’usage de l’écriture était proscrit…

C’est une sorte de livre-déambulation, où l’auteur évoque la presqu’île de Crozon, terre de son enfance et d’inspiration, vers laquelle il revient toujours. Ses textes font écho aux peintures de Matthieu Dorval. Le lecteur passant des mots aux couleurs et aux formes entame ainsi une promenade riche en évocations, qui le mènera vers des chemins inattendus et de belles découvertes.

Philippe Le Guillou ne peut arpenter la terre de la presqu’île sans penser à Saint-Pol-Roux qui avait fait bâtir son manoir de Coecilian pas loin de Camaret :

Les « débris » de la demeure du Magnifique, pour reprendre les mots d’Elleouët, ont quelque chose de dérisoire. Des promeneurs passent, ignorants, indifférents à ce que fut ce lieu, à ce qu’il représenta, à ce qui s’y est joué d’horreur et de concentration tragique. Sans doute est-ce pour prolonger l’enchantement, loin de cette profanation ordinaire, que j’ai extrait des ruines de Coecilian une pierre ocre. Elle est chez moi, tout près des falaises irlandaises peinte par un artiste que j’admire. C’est mon talisman de Coecilian. Je le couve souvent des yeux et je sais qu’il m’inspire.

Un livre petit, mais à la magie puissante. Une occasion de découvrir, si vous le ne connaissez pas encore, le travail magnifique de Matthieu Dorval, que Sylire et moi retrouvons tous les ans par l’intermédiaire de ses œuvres à l’Ecole des Filles, à Huelgoat.

 Ce livre te plaira, Sylire! 😉

Ma presqu’île, Philippe Le Guillou, Matthieu Dorval, Editions Dialogues.