Les petites barbares

La porte s’ouvre et elles s’engouffrent dans le jardin comme si leur vie en dépendait. Elles ont dix, douze ans. Deux sœurs. La plus âgée, blonde aux yeux sombres. La plus jeune brune, le regard noir. Ça commence toujours de la même façon : elles jouent tranquillement et puis soudain, ça dégénère. Elles se mettent … Lire la suite Les petites barbares

La pierre blanche

Tuffeau. Pierre blanche. Tirant parfois sur le jaune. Si le ciel est fâché, sur le gris. Pierre douce qui capte le soleil, emprisonne ses rayons pour mieux les restituer. Tu fais naitre au bout de mes doigts des envies de caresses. Te toucher. Sentir ta surface poreuse qui s’émiette. Poussière de craie mêlée de paillettes. … Lire la suite La pierre blanche

L’écorce abolie

Se rendormir. Tâche impossible. Le corps cherche une position agréable, ne la trouve pas. L’esprit en profite pour se sauver. Il part loin de la chambre et de la chaleur du lit, s’évade dans la nuit, reprend le fil de la journée, y fait des accrocs. C’est insupportable. Comme le déclenchement d’un signal intérieur auquel … Lire la suite L’écorce abolie

Tout sauf lisse

Fatalement, la mauvaise nuit se produit. Un trou dedans, bien au milieu. Alors quand le réveil sonne, à peine trois heures plus tard, la question surgit : pourquoi je fais tout ça? Pourquoi écrire? Exaspération chimique passagère. Les rêves sont encore à la marge. Couleur jaune. Les images fuient comme un mot sur le bout … Lire la suite Tout sauf lisse

La matière du souvenir

J’ai terminé récemment le récit de Fred Griot, Cabane d’hiver. Journal d’un homme qui s’accorde un mois pour vivre seul, en plein hiver, dans une yourte, dans les Causses du Larzac. L’auteur fouille la langue, y cherche sa voix. Il le fait avec une sobriété et une simplicité qui ont su me toucher. La démarche … Lire la suite La matière du souvenir

Dans les verts de l’Auvergne

J'y suis allée sans rien attendre, sinon quelques jours de solitude et des occasions de dépaysement. La maison était tout au bout de la route, une route qui se transforme en chemin et aboutit à cette roche romaine qui a donné son nom au lieu-dit. Là, sous le soleil prodigue d'octobre, j'ai passé une semaine … Lire la suite Dans les verts de l’Auvergne

L’artiste poreux

Il devient parfois urgent, après avoir passé quelques heures, quelques jours, à travailler sur plusieurs toiles de sortir prendre l'air. Après la concentration de la création, la tête a besoin de s'aérer, de voir du mouvement, des couleurs. Mais l'esprit des artistes, c'est un peu comme les chiens : jamais complètement au repos. Marcher dans … Lire la suite L’artiste poreux