Recherche

Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

Catégorie

Photo

Tout sauf lisse

Fatalement, la mauvaise nuit se produit. Un trou dedans, bien au milieu. Alors quand le réveil sonne, à peine trois heures plus tard, la question surgit : pourquoi je fais tout ça? Pourquoi écrire? Exaspération chimique passagère. Les rêves sont encore à la marge. Couleur jaune. Les images fuient comme un mot sur le bout de la langue et ne reviennent jamais. Dans quel gouffre tombent-elles?

20171214_202524.jpg Lire la suite

La matière du souvenir

J’ai terminé récemment le récit de Fred Griot, Cabane d’hiver. Journal d’un homme qui s’accorde un mois pour vivre seul, en plein hiver, dans une yourte, dans les Causses du Larzac. L’auteur fouille la langue, y cherche sa voix. Il le fait avec une sobriété et une simplicité qui ont su me toucher. La démarche est intéressante, et me renvoie à mes propres désirs d’une écriture qui s’aventurerait sur des chemins de traverse.

Parmi les nouvelles pistes que j’avais commencé à tracer, il y avait cette idée de reprendre d’anciennes photos d’escapades pour faire une sorte de voyage à l’envers, qui traquerait les souvenirs en remontant le temps. J’ai ouvert le dossier contenant les images d’un voyage en Corrèze, il y a cinq ans. Me suis rendu compte qu’à part quelques éléments factuels – nous avions visité Vassivière et son parc hanté de modernes sculptures, mangé dans un restaurant tendance perdu dans un village sans nom – il ne me restait rien de l’esprit de ce voyage. Comme s’il n’avait contenu aucune intensité à même de me marquer. Mais le manque d’intensité n’est-il pas seulement la preuve d’une absence au monde?

IMG_2979 Lire la suite

Dans les verts de l’Auvergne

20171009_130159

J’y suis allée sans rien attendre, sinon quelques jours de solitude et des occasions de dépaysement. La maison était tout au bout de la route, une route qui se transforme en chemin et aboutit à cette roche romaine qui a donné son nom au lieu-dit. Lire la suite

Normandie

Des personnes mal intentionnées prétendent qu’il pleut toujours du côté de Cherbourg. Et que c’est la raison pour laquelle on y a tourné, jadis, un film plein de parapluies. Les photos qui suivent ont été réalisés sans filtre et sans trucage et sont la preuve que le soleil brille aussi au dessus de cette belle région.

Horizontale, la mer. Verticales les falaises. Les courbes cheminantes égarent les promeneurs entre les galets et les courants. Heureusement, au loin, le phare guide les âmes au bord du naufrage. Les iles dessinent des mirages que la chaleur dissout. Les rêves ont la consistance du sable réchauffé par le soleil d’un septembre trop vite arrivé. Ici, les vaches savent mieux que personne la versatilité du temps.

L’artiste poreux

Il devient parfois urgent, après avoir passé quelques heures, quelques jours, à travailler sur plusieurs toiles de sortir prendre l’air. Après la concentration de la création, la tête a besoin de s’aérer, de voir du mouvement, des couleurs. Mais l’esprit des artistes, c’est un peu comme les chiens : jamais complètement au repos. Marcher dans la rue, c’est aussitôt l’occasion de remarquer ici et là ces détails, ces « trucs » auxquels personne ne fait attention. Une gouttière usée, un anneau pour amarrer les bateaux, un morceau de bois. Couleurs, formes, textures : tout est là, à portée de regard.

Petite récolte d’hier, prise le temps d’une descente jusqu’au port. 

Parfois, ces clichés servent directement d’inspiration, par leur composition ou par l’association de couleurs qu’ils présentent. Mais la plupart du temps, leur effet se produit davantage par capillarité. L’image reste en mémoire, et diffuse son charme particulier. Ce n’est que bien plus tard qu’on discernera le souvenir d’une photo prise un jour, presque au hasard, et dont la forme ou l’esprit se révèlera tout entier dans telle ou telle composition.

Ce qui attire invariablement mon œil aussi, ce sont les lignes et les contrastes de couleurs. Et ici, en Bretagne, on est servi! La lumière changeante, l’environnement industriel des ports, les jeux du ciel sur l’eau : tout nourrit l’inspiration.

Lignes, couleurs, formes. 

Quand on regarde l’ensemble de ma production, on voit à quel point l’atmosphère dans laquelle je baigne à longueur d’année se traduit, la plupart du temps inconsciemment, sur mes toiles. Rouge éclatant, tous les dégradés du bleu au vert, gris, jaune, orange industriel : les couleurs qui sortent de mes tubes sont d’abord là, autour de moi. La preuve est faite : je suis une artiste poreuse!

P1080717

La relève au pied du phare (vendu)

 

A cœur ouvert

Quelques photos prises par une belle journée de printemps et un poème…

P1080702 Lire la suite

L’épicerie de la mer

20170320_154716

La visite d’une amie a été l’occasion d’aller faire un tour sur le port du Guilvinec, dans le pays bigouden. Là, nous sommes tombées toutes les deux sur un amas de bouées, de filets, d’objets métalliques qui nous a aussitôt fait sortir notre appareil photo. (Bon, d’accord, je n’avais que mon portable sur moi, mais je m’en suis sortie quand même!) Une aubaine pour les amatrices de choses bizarres que nous sommes toutes les deux. Une sorte d’épicerie de la mer, pour paraphraser le nom d’une boutique toute proche. Lire la suite

Recyclage et gribouillages

Quelques papiers découpés où figuraient des paragraphes du billet précédent. Des mots entourés presque au hasard. S’amuser à les agencer pour en faire des poèmes. Et compléter le tout par quelques gribouillages en guise d’illustration. 

illustration_sans_titre-1

Il est encore nuit

pourtant tu pleures Arlequin

tes yeux bleus sont noyés

autant d’alcool que de chagrin

les filles ne sont pas modèles

derrière leur trébuchante chorégraphie

il n’y a que les escaliers grimpés

la faïence sale du bidet

les ressorts qui grincent mauvais

la main impatiente

qui déplie les billets.

Lire la suite

Saint-Nazaire en hiver

Poursuivant mon exploration sur le thème d’Une chambre à soi, je suis partie pour quelques jours m’égarer dans les rues de Saint-Nazaire, sous le ciel d’hiver et sa grise mélancolie. 

p1080384

L’hôtel fait face à la gare. Depuis la fenêtre de ma chambre, je peux voir l’afflux constant de voitures et la chorégraphie des bus qui viennent prendre et décharger leur lot de passagers. Des vitres isolent du bruit, mais je les entrouvre pour écouter. Que serait une ville sans son bruit? Je suis au deuxième étage et ai une vue plongeante sur le carrefour qui marque l’entrée dans le centre. Le matin, alors qu’il fait encore nuit, c’est un long ruban de phares qui glisse et pénètre les avenues perpendiculaires. Saint-Nazaire, presque entièrement détruite après la guerre, a été rebâtie sur le modèle de la garnison romaine : un quadrillage fait d’avenues parallèles coupées à angle droit par des rues. Seules quelques maisons anciennes ont résisté aux bombes et elles se parent aujourd’hui de couleurs pimpantes, coquettes trop conscientes de faire partie des happy few. Lire la suite

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑