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Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

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Photo

L’épicerie de la mer

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La visite d’une amie a été l’occasion d’aller faire un tour sur le port du Guilvinec, dans le pays bigouden. Là, nous sommes tombées toutes les deux sur un amas de bouées, de filets, d’objets métalliques qui nous a aussitôt fait sortir notre appareil photo. (Bon, d’accord, je n’avais que mon portable sur moi, mais je m’en suis sortie quand même!) Une aubaine pour les amatrices de choses bizarres que nous sommes toutes les deux. Une sorte d’épicerie de la mer, pour paraphraser le nom d’une boutique toute proche. Lire la suite

Recyclage et gribouillages

Quelques papiers découpés où figuraient des paragraphes du billet précédent. Des mots entourés presque au hasard. S’amuser à les agencer pour en faire des poèmes. Et compléter le tout par quelques gribouillages en guise d’illustration. 

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Il est encore nuit

pourtant tu pleures Arlequin

tes yeux bleus sont noyés

autant d’alcool que de chagrin

les filles ne sont pas modèles

derrière leur trébuchante chorégraphie

il n’y a que les escaliers grimpés

la faïence sale du bidet

les ressorts qui grincent mauvais

la main impatiente

qui déplie les billets.

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Saint-Nazaire en hiver

Poursuivant mon exploration sur le thème d’Une chambre à soi, je suis partie pour quelques jours m’égarer dans les rues de Saint-Nazaire, sous le ciel d’hiver et sa grise mélancolie. 

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L’hôtel fait face à la gare. Depuis la fenêtre de ma chambre, je peux voir l’afflux constant de voitures et la chorégraphie des bus qui viennent prendre et décharger leur lot de passagers. Des vitres isolent du bruit, mais je les entrouvre pour écouter. Que serait une ville sans son bruit? Je suis au deuxième étage et ai une vue plongeante sur le carrefour qui marque l’entrée dans le centre. Le matin, alors qu’il fait encore nuit, c’est un long ruban de phares qui glisse et pénètre les avenues perpendiculaires. Saint-Nazaire, presque entièrement détruite après la guerre, a été rebâtie sur le modèle de la garnison romaine : un quadrillage fait d’avenues parallèles coupées à angle droit par des rues. Seules quelques maisons anciennes ont résisté aux bombes et elles se parent aujourd’hui de couleurs pimpantes, coquettes trop conscientes de faire partie des happy few. Lire la suite

Vagabondages (3)

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C’est le nombre de caractères, espaces non comprises, que contient l’histoire que je viens d’achever, après une dernière ligne droit intensive. Elle a eu une genèse un peu chaotique. Commencée il y a environ un an, elle avait déjà en germe tous les personnages, mais après plusieurs essais, je l’avais laissée tomber car je n’arrivais à rien. Dans ces cas-là, l’écriture se tarit d’elle-même, à force d’être laborieuse.

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La lecture d’un roman a produit un déclic en moi. En avril, j’ai découvert la plume de Frédérique Martin à travers « Sauf quand on les aime« , un roman que j’ai vraiment apprécié. Est-ce parce que l’auteur anime des stages d’écriture et que son bel esprit a infusé en moi à travers cette lecture? Je ne sais pas, mais soudain, comme avec des formes semblables on produit un autre arrangement, j’ai vu mon histoire dans une autre perspective. A travers le prisme de la filiation, tout ce qui était encore en friche prenait sens. En l’espace d’un week-end, j’ai reconstruit l’ensemble. Un personnage qui était mort dans la première version a ressuscité. Une petite fille à l’état de fantôme est devenue bien réelle. Et l’histoire s’est ensuite déroulée par salves, selon le temps que je pouvais lui accorder. Lire la suite

Hors de l’atelier

Consciemment ou non, je suis inspirée par la nature. Collines, chemins, rochers, profondeurs marines se retrouvent souvent sur mes toiles. Pour alimenter cette source d’inspiration, il m’est nécessaire de sortir de l’atelier pour m’immerger dans ce qui fait le paysage. C’est ainsi que lundi dernier, j’ai pris mon matériel de dessin, un pique-nique et mon chien, et je suis allée explorer la côte nord du cap Sizun.

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In love with rocks

Il y a des choses agaçantes chez moi. J’en suis bien consciente. Par exemple, si je me balade avec un appareil photo, je m’arrête à peu près tous les dix pas parce que j’ai vu quelque chose qui mérite mon attention et que je ne peux pas repartir sans tenter de saisir une trace de l’éphémère instant. Ainsi, une simple balade sur la plage, près des falaises, peut se transformer en pensum pour mon accompagnateur, obligé non seulement de faire le pied de grue le temps que je déclenche, mais aussi témoin des contorsions saugrenues qu’il faut parfois faire pour trouver le bon angle. (Certains accompagnateurs, cependant, ne sont pas totalement opposés aux contorsions…)

Parmi les éléments qui attirent invariablement mon attention, les rochers figurent en bonne place. Je peux m’émerveiller du contraste entre un lichen jaune et les fissures noires de la roche sur laquelle il a poussé.

rochers-2 Lire la suite

Couleurs grecques (1)

Je suis certaine que vous ne serez pas contre une petite prolongation de l’été… Voici une première sélection de photos prises lors de mon voyage dans les îles ioniennes, à Corfou et Lefkada, il y a une quinzaine de jours. Comme vous le voyez, bleu, vert et blanc y sont très présents. Des couleurs qu’on trouve aussi très souvent en Bretagne, mais interprétées différemment par la nature…

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Une des plages de Kassiopi, à Corfou Lire la suite

Impressions Monts d’Arrée

Partir seule est une manière de m’éprouver, surtout dans la marche. Le premier jour, je fais douze kilomètres autour de Saint-Cadou. La journée est très chaude, comme cela est arrivé quelques fois cet été en Bretagne. On frôle les trente degrés. Je cueille des mûres tièdes en route et puis me concentre sur le chemin, car ce n’est pas toujours bien balisé. Le soleil me tape sur le crâne. J’enchaîne les pas, alourdie par mon sac à dos. La visibilité est excellente et depuis la colline sur laquelle se déroule le chemin, j’ai l’impression d’être en montagne. Je ressens une sorte d’exultation à être ainsi au milieu de la nature, dans les centaines de nuances de vert qui s’étendent jusqu’au fil d’horizon.

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La chambre jaune

Je ne suis pas partie très loin, mais je n’ai pas choisi ce lieu par hasard. La première chambre où j’ai décidé d’aller passer une nuit est située dans un hameau, près de Commana. Cette bourgade de mille et quelques habitants est le lieu où a vécu une partie de ma famille maternelle. Derrière un portillon de bois gris, tout au fond d’un jardin rendu ombreux par deux immenses buis, vivaient l’oncle et la tante paternels de ma mère. Je venais leur rendre visite lors de mes séjours bretons. J’y ai quelques souvenirs : un gadin magistral qui m’a laissé sur le genou une cicatrice qu’on voit encore, une maison basse sentant l’encaustique, les dix francs que me donnait Tante Guite pour aller m’acheter des bonbons chez Madame Le Sein, le Fanta que buvait ce grand-oncle presque timide, dont on m’avait dit qu’il avait été fait prisonnier pendant la guerre. Frère et sœur, ils vivaient ensemble dans ce coin des Monts d’Arrée. Ils allaient au jardin, sabots de bois aux pieds. Leur maison basse et cachée avait quelque chose de celles des contes. Il me semblait toujours qu’il y avait là un mystère qui planait, des non-dits, des renoncements peut-être, une manière de s’extraire du monde pour cesser de souffrir.

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A deux kilomètres de là, je trouve facilement le lieu-dit Kervéroux où je suis attendue pour la nuit. C’était autrefois un village de tisserands, dont les maisons ont ensuite été reconverties en fermes. Aujourd’hui, les quatre ou cinq maisons qui le composent ont toutes été joliment restaurées. Elles sont nichées dans une exubérante verdure, à peine signalées par un calvaire qui tend ses doigts vers le ciel. J’y arrive après une chaude journée passée à marcher. Je suis chaleureusement accueillie par le couple qui vit là et tient ces chambres depuis une quinzaine d’années, Marie-Thérèse et Michel Lancien. Lui est sculpteur et cette particularité a évidemment pesé dans mon choix. Je suis toujours curieuse de découvrir le travail d’autres artistes, d’échanger avec eux.

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