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Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

Catégorie

Textes éparpillés

Recyclage et gribouillages

Quelques papiers découpés où figuraient des paragraphes du billet précédent. Des mots entourés presque au hasard. S’amuser à les agencer pour en faire des poèmes. Et compléter le tout par quelques gribouillages en guise d’illustration. 

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Il est encore nuit

pourtant tu pleures Arlequin

tes yeux bleus sont noyés

autant d’alcool que de chagrin

les filles ne sont pas modèles

derrière leur trébuchante chorégraphie

il n’y a que les escaliers grimpés

la faïence sale du bidet

les ressorts qui grincent mauvais

la main impatiente

qui déplie les billets.

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Juste là

Lundi 3 octobre – 18.00

Cet après-midi, j’ai fait l’atelier buissonnier. Je suis allée marcher sur la plage, pieds nus dans les vagues. La plage est immense, et bordée de roches noires et pointues sur lesquelles pousse une herbe drue qu’aiment particulièrement les lapins. J’ai marché, donc, les chaussures à la main, pataugeant dans l’eau, avec un plaisir comparable à celui manifesté par mon chien. Dans le simple plaisir du corps en mouvement, et du contact avec les éléments. Autour de moi, le ciel à perte de vue, l’horizon bien net, l’eau fraîche sur ma peau, le sable sous la plante de mes pieds, la chaleur du soleil, le calme apaisé de cette après-midi et la solitude bien choisie. Lire la suite

Et s’aimer…

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Quatre heures du matin. Je ne dors plus. Cette urgence au creux du ventre, presque comme une contraction. Aller écrire. Aller jeter sur le papier. Des mots. Des morceaux. Il faut peut-être ce réel détraqué par l’insomnie pour atteindre cette écriture vraie. Dans cette ivresse créée par la privation de sommeil, dans cet instant suspendu entre deux tranches de jour. La nuit, noire, comme celui que j’ai l’impression de porter en moi parfois. Un noir épais, pâteux. Un noir de tube de peinture. Un noir qui éteint tout. Lire la suite

Claire-obscure

Ils sont jeunes et riches

la femme patiente

elle sourit

ou s’ennuie

nul ne le sait

un voile réussit le prodige

de dissimuler ses traits

sans rien cacher de la forme de son crâne

lui debout téléphone à la main

son regard sur l’écran

cherche et trouve peut-être

la petite fille entre les deux

sur le sol rouge de l’hôtel

qui babille et sourit

me regarde

je me dis qu’elle a encore le temps

le temps d’être sans se cacher

elle joue avec ce que sa mère lui a donné

un mouchoir en papier

le dépiaute en confettis

je détourne la tête

ils sont partis

lui devant

ne restent sur le sol

que ces débris de mouchoir

comme une neige éparpillée

il y a sans doute quelque part

quelqu’un payé

pour nettoyer.

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Venise, 2016

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