Vieille prière bouddhique
la musique est ce baume déchirant
qui apaise et lacère en même temps
 
notes
ocelles d’or
scintillante rosée
toujours le même sentier
mais à chaque pas différent
 
jeune monde
encore drapé de nuit
où mes rêves de verger
se désagrègent
leur brumeuse étrave incisée
par l’aigu des roseaux
 
cuivre chaud
la paume sur ma peau
comme un feu qu’on nourrit
de ferveur et de sel
désir opaque
le regard sous son tain
 
prière des matins
qui ne croient plus à rien
qu’à ce chant de clarté
au secret des jardins
et à la douceur de ces mains
que l’évidence allie.