Consolation d’hier

J’entends l’homme évoquer ces matins où il “faisait l’auteur”. Tout y était : la vaste table en bois, le stylo, les feuilles éparpillées, et l’impossible chat couché dessus. L’homme est acteur, il veut rester modeste dans son propos, mais ça déborde. Ça souffle zéphyr, ça fait des plis. J’entends la Lire la suite…

A l’heure où les rêves traînent leur lambeaux

Je me réveille tôt. Quand les autres et la ville dorment encore. Plaisir secret. Je prépare un thé et vais dans mon atelier. Cercle de lumière de la lampe. Dans ma main, la tasse japonaise aux motifs végétaux. Le cahier, le stylo-plume. Rien d’autre. La tête pas encore tout à fait à l’endroit.

Bruit du thé dans la tasse. Bruit de la pluie sur le toit. Je commence à écrire immédiatement. Roue libre. Je ne sais pas ce qui va surgir, je ne sais pas où je vais. Je m’accroche aux dernières images du rêve. Deux voix qui se confondaient. L’une comme une lettre décachetée, pleine de regrets et de douceur. L’autre plaintive qui me demandait de lui envoyer le papier promis. Quel papier?

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La matière du souvenir

J’ai terminé récemment le récit de Fred Griot, Cabane d’hiver. Journal d’un homme qui s’accorde un mois pour vivre seul, en plein hiver, dans une yourte, dans les Causses du Larzac. L’auteur fouille la langue, y cherche sa voix. Il le fait avec une sobriété et une simplicité qui ont su me toucher. La démarche est intéressante, et me renvoie à mes propres désirs d’une écriture qui s’aventurerait sur des chemins de traverse.

Parmi les nouvelles pistes que j’avais commencé à tracer, il y avait cette idée de reprendre d’anciennes photos d’escapades pour faire une sorte de voyage à l’envers, qui traquerait les souvenirs en remontant le temps. J’ai ouvert le dossier contenant les images d’un voyage en Corrèze, il y a cinq ans. Me suis rendu compte qu’à part quelques éléments factuels – nous avions visité Vassivière et son parc hanté de modernes sculptures, mangé dans un restaurant tendance perdu dans un village sans nom – il ne me restait rien de l’esprit de ce voyage. Comme s’il n’avait contenu aucune intensité à même de me marquer. Mais le manque d’intensité n’est-il pas seulement la preuve d’une absence au monde?

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Extimes pensées

Dans un roman que j’ai adressé à plusieurs éditeurs, mais que ceux-ci n’ont pas encore eu le courage (ou la folie) d’accepter, j’ai placé comme personnage central une femme écrivain, en panne d’écriture parce qu’habituée des romans feel good à succès, elle rêve d’aller vers une écriture plus intime. Cependant la peur de se dévoiler, de ne rencontrer que honte, ridicule ou évidence de sa propre banalité la paralyse au point qu’elle ne peut plus écrire une ligne. L’histoire ne tourne pas autour de cette problématique, mais celle-ci est la preuve, s’il en fallait, qu’on met beaucoup de soi dans ce que l’on écrit. Les préoccupations de mon personnage sont les miennes depuis longtemps. (suite…)

Détournement d’actualités

Je n’ai pas été très bavarde, ces dernières semaines. C’est parce que ça cogitait là-dedans. A la recherche d’idées pour écrire différemment, pour peindre autre chose. Il faut du temps pour que les idées mûrissent. Enfin, bref, ce midi, attablée dans un café bigouden, entre la séance d’accrochage pour la mini-expo de la Galerie Rouge (dont je vous parlerai bientôt) et un rendez-vous « beauté », je me suis nourrie de mauvais pain et d’indigestes actualités. L’idée était dans l’air depuis un moment. Il ne restait plus qu’à la concrétiser.

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