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Gwenaëlle Péron

Peintures et explorations

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Une chambre à soi

Dans les verts de l’Auvergne

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J’y suis allée sans rien attendre, sinon quelques jours de solitude et des occasions de dépaysement. La maison était tout au bout de la route, une route qui se transforme en chemin et aboutit à cette roche romaine qui a donné son nom au lieu-dit. Lire la suite

Saint-Nazaire en hiver

Poursuivant mon exploration sur le thème d’Une chambre à soi, je suis partie pour quelques jours m’égarer dans les rues de Saint-Nazaire, sous le ciel d’hiver et sa grise mélancolie. 

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L’hôtel fait face à la gare. Depuis la fenêtre de ma chambre, je peux voir l’afflux constant de voitures et la chorégraphie des bus qui viennent prendre et décharger leur lot de passagers. Des vitres isolent du bruit, mais je les entrouvre pour écouter. Que serait une ville sans son bruit? Je suis au deuxième étage et ai une vue plongeante sur le carrefour qui marque l’entrée dans le centre. Le matin, alors qu’il fait encore nuit, c’est un long ruban de phares qui glisse et pénètre les avenues perpendiculaires. Saint-Nazaire, presque entièrement détruite après la guerre, a été rebâtie sur le modèle de la garnison romaine : un quadrillage fait d’avenues parallèles coupées à angle droit par des rues. Seules quelques maisons anciennes ont résisté aux bombes et elles se parent aujourd’hui de couleurs pimpantes, coquettes trop conscientes de faire partie des happy few. Lire la suite

La chambre jaune

Je ne suis pas partie très loin, mais je n’ai pas choisi ce lieu par hasard. La première chambre où j’ai décidé d’aller passer une nuit est située dans un hameau, près de Commana. Cette bourgade de mille et quelques habitants est le lieu où a vécu une partie de ma famille maternelle. Derrière un portillon de bois gris, tout au fond d’un jardin rendu ombreux par deux immenses buis, vivaient l’oncle et la tante paternels de ma mère. Je venais leur rendre visite lors de mes séjours bretons. J’y ai quelques souvenirs : un gadin magistral qui m’a laissé sur le genou une cicatrice qu’on voit encore, une maison basse sentant l’encaustique, les dix francs que me donnait Tante Guite pour aller m’acheter des bonbons chez Madame Le Sein, le Fanta que buvait ce grand-oncle presque timide, dont on m’avait dit qu’il avait été fait prisonnier pendant la guerre. Frère et sœur, ils vivaient ensemble dans ce coin des Monts d’Arrée. Ils allaient au jardin, sabots de bois aux pieds. Leur maison basse et cachée avait quelque chose de celles des contes. Il me semblait toujours qu’il y avait là un mystère qui planait, des non-dits, des renoncements peut-être, une manière de s’extraire du monde pour cesser de souffrir.

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A deux kilomètres de là, je trouve facilement le lieu-dit Kervéroux où je suis attendue pour la nuit. C’était autrefois un village de tisserands, dont les maisons ont ensuite été reconverties en fermes. Aujourd’hui, les quatre ou cinq maisons qui le composent ont toutes été joliment restaurées. Elles sont nichées dans une exubérante verdure, à peine signalées par un calvaire qui tend ses doigts vers le ciel. J’y arrive après une chaude journée passée à marcher. Je suis chaleureusement accueillie par le couple qui vit là et tient ces chambres depuis une quinzaine d’années, Marie-Thérèse et Michel Lancien. Lui est sculpteur et cette particularité a évidemment pesé dans mon choix. Je suis toujours curieuse de découvrir le travail d’autres artistes, d’échanger avec eux.

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Une chambre à soi

« Il est nécessaire d’avoir cinq cents livres de rente et une chambre dont la porte est pourvue d’une serrure, si l’on veut écrire une oeuvre de fiction ou une oeuvre poétique. »

Virginia Woolf, Une chambre à soi

A l’origine, il n’y a justement pas de chambre. Sur les plus anciennes photos – depuis perdues – je suis un bébé aux épais cheveux bruns dans un lit en rotin, placé dans un coin du séjour de la petite maison où vivent mes parents. J’ai une peluche de nature indéterminée – écureuil? ours? – rouge qu’on a appelé Roudoudou et que j’adore. Parait-il.  J’imagine que depuis ma position horizontale, je peux suivre dans les moindres détails les échanges de mes parents, que je les entends vaquer et que je respire la fumée de leurs cigarettes (eh oui, c’est les années 70, le tabac n’est pas tabou…)

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